Daft Punk aux Grammys. Ça aurait dû être si beau….

Bonjour, bonne année, blabla.

Vous allez me trouver rabat-joie en plus d’être mal-élevée mais je suis assez déçue par la prestation de Daft Punk aux Grammy Awards. Bien sûr, ce n’est que mon opinion. Mais je suis chez moi ici, alors je dis ce que je veux.

Ne vous inquiétez pas, je vous mets quand même la vidéo en dessous.

L’idée annoncée quelques jours plutôt était ultra excitante. Le spectacle que ça allait être…. Quand Neil Patrick Harris annonce Daft Punk et Stevie Wonder, il a l’air comme un Minion frétillant de bonheur. Le public est électrique lui aussi.

Mais ça part mal, l’effet de surprise du backing band est à moitié dévoilé avec Nile Rodgers qui apparaît dans une semie-obscurité.

Premier couplet, Stevie Wonder est en retard ou on ne l’entend pas, mais ce n’est pas calé. Le groupe et le décor de studio sont dans la lumière et ça décolle enfin au 2nd couplet. Là, on retrouve Stevie Wonder, génie soul comme on ne l’avait pas entendu depuis longtemps. Mais Stevie Wonder, tout aussi brillant qu’il soit, a vieilli. Sa voix sur son morceau "Another star" déraille, et pas qu’une fois. Ça fait mal d’entendre ça, plus encore que de constater qu’il a abandonné sa légendaire moustache (Stevie n’est pas un hipster, il est à l’avant-garde de l’hipster).

Et puis, les boucles d’anciens morceaux (« Harder, Better, Faster, Stonger », « Le fric c’est chic ») à mon sens, ne sont soit pas assez présentes, soit trop et de manière incongrue (Le fric, c’est chic mais ça ne comble pas tout…).

C’est mal réalisé : plans nuls de Pharrell, plans de coupe sur les artistes dans le public pas très jolis…Beyonce, tu fais quoi là ? Steve Tyler, les moulinets disco, vraiment ? Ça n’est pas le truc bien ficelé et maîtrisé de bout en bout auquel on s’attend. Où est la perfection à l’américaine ? Stevie Wonder qui se lève pour récupérer son micro, des pétouilles comme ça, il y en a quelques unes. Merde, c’est quand même les Grammy !

C’est vraiment dommage parce que l’idée est génialissime (la version Motown/studio ultra poussée), le décor et les lumières sont incroyables, Pharrell est si sexy dans ses mocassins et son petit pantalon cintré aux revers hauts, les costumes des Daft Punk sont beaux. L’émotion est palpable chez tous, même derrière les casques blancs des Daft. Mais Stevie Wonder alors ? Il n’a pas le droit à son look à la Eddie Barclay ? Le public est prêt à tout voir et écouter pendant des heures du moment que c’est fait par cette petite bande. Ils ont l’air tellement heureux.

Je suis emmerdée. Vraiment. Emmerdée que ça fasse tout un pataquès alors que ça aurait pu être parfait. Je n’aime pas aller contre le vent juste comme ça. J’aurais adoré être folle de ce spectacle. J’ai envie de le revoir mais refait, à neuf. On oublie tout et on recommence.

Non, je suis déçue.

Et j’aime pas rouvrir ce blog en 2014 pour dire ça….

HoG HoG – le festival into the wild

And we’re back !

La rentrée a sonné. On a (presque) rangé les tongs, les maillots de bain, les envies de Ricard et les souvenirs au fond du placard jusqu’à l’année prochaine. On se souvient déjà avec nostalgie de ces belles vacances. Et dire qu’on vient à peine de retrouver les copains, les collègues, la routine (apéros mais aussi factures, concerts mais aussi ménage), qu’une échappatoire se présente à nous sous la forme d’un festival en Ardèche, into the wild donc (c’est l’équipe du festival qui l’a trouvé, pas moi !).

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Les festivals, j’adore ça. J’en ai parlé ici (mon humble compte-rendu des Eurockéennes 2012). Il y a un esprit particulier, c’est un moment à part, une bulle de musique et de folie. On bouffe du son et des émotions pendant 2,3,4,5 jours. On relâche la pression. On rêve toujours de son propre Woodstock. On ne se douche pas, on mange de la junk food, on prend des photos débiles avec de parfait(e)s inconnu(e)s (le collectif des Gérards a pris d’assaut la moitié des festivals cet été), on fait des choses débiles aussi avec de parfait(e)s inconnu(e)s. On fait voler le peu de dignité qu’on essaie de maintenir dans la vie de tous les jours en moins de deux …

Quand au final, on est rattrapé par la vie et la société de consommation, assaillis par les marques qui vampirise un peu plus chaque année les festivals (oui, parce que monter un festival coûte de plus en plus cher). Merde… je me laisse emporter par un discours un peu engagé, beaucoup chiant.

 

Les festivals donc, j’adore.

Mais c’est un peu toujours la même chose. Du moins dans la structure.

Un grand champ (Woodstower, Weekend à St-Nolff, Les Vieilles Charrues), une presqu’île dans une réserve naturelle ou un cadre époustouflant (Les Eurockéennes et Calvi on the Rocks), un parc (Solidays, Rock en Seine, Beauregard). De la nature, chouette. OU carrément de la ville (Main Square et sur Lyon Nuits de Fourvière, L’Original Festival, les Nuits Sonores ou Les Invites). Re chouette. Mais du vu, re-vu et re-re-vu.

Et avec tous les inconvénients qui vont avec :

  • les campings et/ou lieux d’hébergement à perpèt’ dans un cadre pas forcément bucolique (grand champ bien souvent en plein cagnard)
  • les mouvements des concerts au dodo à pied, navette bus, métro (à vous de retrouver le bon moyen de transport pour chaque festival mais je vous préviens, il n’y a rien à gagner !)

 

Quand j’ai découvert le projet du Heart of Glass Heart of Gold, j’ai été sur-emballée.

Ce festival créé cette année par 3 assos lyonnaise (Génération Spontanée, Perspectives Irrationnelles et Rock Deluxe) naîtra le 20 septembre prochain à Ruoms, en pleine Ardèche sud.

Pendant 3 jours, un centre de vacances sera transformé en festival de musique ultra indie. Des concerts, une piscine, des terrains de pétanque, une discothèque, des bungalows : ambiance colo de vacances !

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Et moi, quand on me parle colonies de vacances, je frétille et retombe en enfance.

Et je dis, comme Pierre Perret, « merci Maman, merci Papa ».

J’ai vécu 10 ans de jolies colonies de vacances : de la Bretagne à la Grande-Bretagne, des Landes à la montagne. Des vacances sans les parents, avec des gamins de mon âge et des monos pas beaucoup plus vieux et sages, à faire les cons, à devenir les meilleurs amis du monde, à se bécoter, à faire la fête plus ou moins sagement. À expérimenter, à vivre des premières fois, à sortir de la routine annuelle école-sport-copines-famille.

Et c’est un peu un rêve de gamine que de retrouver l’esprit colo couplé avec mon kif d’adulte, l’esprit festival. Vous voyez un peu l’excitation ?

 

Le rêve un peu fou d’un collectif de monter de toutes pièces un festival en ces temps moroses pour la culture.

La programmation de 25 noms est pointue, très même. Couillus, les mecs.

De la musique indie et weirdo (bizarroïde quoi), c’est comme ça que se définit la prog. Rock, pop, electro et weirdo pour les trucs trop inclassables ou trop transversaux.

 

Pour tout dire, je ne connais que 10% des artistes programmés mais j’y vais les yeux presque fermés. Parce que, parmi les architectes du festival, on trouve Jean-Marie Sevain, le programmateur du festival électro Pantiero de Nice (qui est sur ma liste rêvée) et qui fait partie de l’excellente association Génération Spontanée qui a fait pleurer de bonheur mes yeux et mes oreilles cette saison 2012/2013. Programmateur depuis 2011 de tant de bons concerts dans différentes salles à Lyon, rien que pour ces derniers mois : Lescop, Willy Moon, Fauve, Eugene McGuinness, Klub des Loosers, The Strange Boys, La Femme, Alt J, etc.

 

Allez hop, le teaser officiel avec musique de Piano Chat (avouez que c’est l’un des plus beaux noms de groupe qui puisse exister au monde, non ?)

Ce festival est un peu un produit culturel à part. Je parle de produit culturel, puisqu’aujourd’hui le concert est un produit culturel à part entière and so the festival is. Sauf que ce festival est un OVNI.

Jugez plutôt :

  • Le nom : on ne peut pas faire un nom plus long, plus compliqué (en anglais et avec une répétition de mots et de sons) et si peu évocateur pour le grand public. Mais si joli. Ah si, tiens, ce sont les paroles de 2 chansons de Blondie et Neil Young. Mais c’est un festival sponsorisé RTL2 ? :) Et à part ça ? Ok, next.
  • La date : du 20 au 22 septembre quand la rentrée a bien sonné et que les fans de musique ont regagné les salles de concerts. Et alors que les dates sont du vendredi au dimanche, les concerts se termineront le dimanche au lever du soleil pour laisser tranquillement le temps aux festivaliers de se reposer, de plier les gaules sans courir et de repartir chez eux pour arriver à la maison en fin de journée, avant le film du dimanche soir. Et hop, t’es frais comme un gardon lundi matin au bureau mais avec des coups de soleil et des souvenirs plein la tête et de quoi se la raconter à la machine à café.
  • Le lieu : Rdv à Ruoms, le fin fond de l’Ardèche. Pour un festival indie, vous avouerez qu’on a trouvé plus pertinent. Pour un festival de ragga/dub/psychotrance/techno/folk/americana, je ne dis pas mais pour un festival d’électro/pop/rock indé… Dans un cadre bucolique et montagnard, pas loin des gorges de la rivière Ardèche, le pied.
  • Le lieu (bis) : dans un centre de vacances. What the fuck, n’est-ce pas ? Des bungalows pour les festivaliers mais aussi pour les artistes, les équipes techniques et les organisateurs du festival. Pour pousser la convivialité au maximum. Imaginez, vous faites la queue à la cantoche avec la chanteuse d’Au Revoir Simone (un joli brin de fille), vous faites une partie de volley avec les Aline. En toute simplicité. Dans l’esprit du ATP ou All Tomorrow Parties Festival , festival anglais qui a, le premier, eu la bonne idée de rassembler dans le même lieu artistes et festivaliers.
  • L’esprit : toutes ces données mêlées à une affiche de joli goût (ce contraste entre cette épure volontaire par une absence de photo et la présence de beaucoup de texte, cette police, ce doré soleil, ces deux jolis cœurs simples, frais), une com’ raisonnée car pas étalée partout, de la chaleur, convivialité, simplicité, bon enfantisme (oui oui, ça n’existe pas mais ce festival est un OVNI alors j’ai le droit).

 

Bon, mais qu’est-ce qu’on y écoutera alors durant ces 2 jours de concerts ?

AU REVOIR SIMONE

COLD PUMAS

FAIRMONT

GRAMME

LA DAME NOIR

PEGASE

RAH RAH

SUMMER CAMP

ZOMBIE ZOMBIE

ACTION BEAT

ALINE

ARNAUD REBOTINI

CAMERA

COMMANDANT KOKO

CONNAN MOCKASIN

EFTERKLANG

ETIENNE JAUMET

FUCK BUTTONS

I.R.O.K.

Là, je vais la jouer feignasse, pardon, partageuse : allez voir la sélection sympathique et l’article bien détaillé de l’ami Woo cares qui est bien aimable de vous présenter par le menu ce festival. Allez également écouter le petit mix composé à l’occasion sur The Drone.

Perso, je brûle de me bouger mon popotin sur la pop yéyé-sucré d’Au Revoir Simone, de voir Motorama et son rock indé-prog-crasse, Arnaud Rebotini pour un set electro-hard, de guincher avec Aline (j’en parlais précédemment) comme quand j’étais ado fan des Smiths, de voir Zombie Zombie et Etienne Jaumet (sur 2 sets différents bien qu’Etienne Jaumet soit l’un des fondateurs de ZZ) et leur electro jazz-psyché, et de découvrir tout le reste.

Et comme un festival aujourd’hui est bien plus qu’une scène et des fans (produit culturel, coco), on y fera de beau aussi :

  • un tournoi de pétanque
  • une séance piscine
  • une compèt’ de pom pom girls
  • un Pop up store : le Summer Camp organisé par le Pop Up Market
  • un karaoke (to Qyrool : pas de Carlos ou de Pierre Perret pour l’occas, quoique …)
  • un tournoi de foot
  • un tournoi de basket

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EN PLUS de tout ça, l’OVNI qui débarque frais comme un bisounours dans le dur monde des festival où la crise économique (baisse des financements voire retrait de partenaires sponsors sur certains festivals) le dispute à la crise du disque (inflation des cachets des artistes pour compenser la chute des ventes de disques), HOG HOG se rajoute une difficulté supplémentaire en voulant s’inscrire dans un projet durable, bien évidemment car le montage d’un festival coûte trop cher pour se limiter à un one shot, mais dans un projet développement durable (attention, minute green).

Dans un tel cadre, le respect s’impose bien évidemment, mais c’est aussi tellement d’actualité que les organisateurs ont pris les devants et n’y vont pas de main morte (voyez leur page à ce sujet, ça ne plaisante pas). Une charte, un ingénieur spécialisé dans le dév. dur. comme on dit, des tas d’outils et de mesure ont été mis en place pour limiter l’impact sur l’environnement :

  • plateforme de covoiturage sur le site et la page groupe facebook pour les festivaliers
  • circuit court et bio privilégié au maximum pour la nourriture proposée
  • gestion et tri des déchets avec poubelles, cendriers et stand de sensibilisation sur place

Ok j’arrête ! Vous avez compris l’idée.

Et le prix alors ?

Le prix du pass comprend les 2 jours de festival et l’hébergement en bungalow. Parce qu’on a le droit au confort quand on est festivalier, parce que les fans de musique vieillissent et deviennent des parents et que le festival est kids friendly.

Rapport qualité/prix imbattable : de 98€ à 115€ le pass suivant le type de bungalow (4,6 ou 8 lits)

Il y a également des pass pour les Rémy sans famille : le pass 2 jours et un lit dans un bungalove. Ça ressemble à une partie fine avec Berlusconi mais promis, ce sera chaste, du moins la nuit car c’est en version dortoir. Pour la journée, si vous êtes majeur et vacciné, vous avez toute latitude parce que le HOG HOG, c’est un peu les vacances prolongées.

=> Pass à 97,50€.

Et pour ceux qui ne veulent venir qu’une journée (prix ne comprenant pas de logement), il y a aussi des « billets secs ». La soirée du vendredi est à 28€ et celle du samedi à 35€.

Alors ? Tentés par l’expérience HoG HoG ? On repart en vacances le temps d’un weekend ? 

La musique, langage des émotions


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J’ai envie de parler musique mais sous un angle très personnel.

Chez moi, il est toujours question d’un garçon en musique. Une relation amicale ou amoureuse est aussi toujours accompagnée d’une musique. Mais, aujourd’hui, je vais m’attacher à parler des relations amoureuses.

Parce que le hasard fait drôlement les choses, me sont parvenues à l’oreille ces jours-ci des nouvelles de certains de ces messieurs : Local Natives, Sébastien Tellier, We Are Scientists, Phoenix, Nick Cave, Daft Punk, Jeff Buckley.

Des artistes que j’aime, beaucoup, que j’écoute, beaucoup, et qui ont illustré quelques moments amoureux.

C’est que j’en vis des choses avec ces artistes. Ils ne le savent peut-être pas (lesdits mecs, évidemment, et les artistes… est-il besoin de préciser que bien sûr que non ?) mais ils sont liés, ces artistes dans mon histoire avec eux, ces mecs. Et inversement.

Et ce n’est pas sans verser dans l’émotion ! Émotions de tout ordre… Dans la larme, dans la nostalgie, dans l’exaltation, dans la joie, dans la tristesse, dans le remords ou le regret, dans les deux parfois.

Alors,

  • quand je tombe sur le nouveau morceau de We Are Scientists,

We Are Scientists – Something About You

 

 

  • que je redécouvre le concert à emporter de 2010 par Local Natives à Porto,

La Blogothèque / Local Natives – Wooly Mammoth

La Blogothèque - Local Natives

  • que je commence (ENFIN) à rentrer dans le dernier Phoenix (merci « Trying to be cool »),

Phoenix – Trying To Be Cool

  • que j’ai du mal à redescendre sur terre après la messe donnée par Nick Cave and The Bad Seeds aux Nuits de Fourvière samedi dernier….

Nick Cave & The Bad Seeds‪ We No Who U R

À ce sujet, je vous enjoins à aller lire les morceaux d’amour de Woocares, Toute Ouïe et Ileftwithoutmyhat suite au concert de Nick Cave samedi soir. Photos, extraits vidéos, setlists et des mots qui traduisent l’émotion, l’admiration de fans. 

Ça fait comme une bouffée de nostalgie, d’amour, de tendresse, de regrets, de tristesse et d’espoir qui m’envahit (les mêmes ouais…). Tout ça en une seule soirée ! Oui, c’est beaucoup pour un seul cœur….

Le rapport à la musique est hyper personnel. Au casque, à fond en voiture ou seul chez soi. En fond sonore ou dans un grand silence, en collectif à disséquer les morceaux, à les zapper, en solo pour un moment intime (cochon ou pas, c’est selon la musique, selon l’humeur). Toutes les configurations existent. Tous les états aussi.

Un jour, je suis portée par un morceau.

Un autre jour, le morceau m’entraîne plutôt dans d’autres mouvements. Peu importe la teneur du morceau : il est gai, je suis triste / il est triste, je le suis encore plus mais je peux aussi y puiser de l’espoir. Bonjour les contradictions… Mais ça, Nick Hornby l’a le mieux exprimé dans "High Fidelity" (le livre, adapté au cinéma par Stephen Frears).

Ces artistes, leur musique m’aident autant à vivre le quotidien qu’à vivre des moments plus forts, à ressentir, à grandir. Le pouvoir de la musique…

Un petit bonus :

Le live des Local Natives à la radio KEXP

Ce truc était juste un prétexte pour poster de la musique, pour parler de moi et d’amour.

Truc inutile, quoi.

* Merci à Manu Kant, penseur allemand que je déteste un peu moins à présent alors que j’ai subi ses discours sur l’Histoire en cours de philo. 

Ambiance nuit noire : Dead Can Dance aux Nuits de Fourvière

Je ne communie pas souvent (et ça me va très bien), je ne me drogue pas souvent (pas assez à mon goût) mais je pleure souvent (et mon teint m’en remercie).

Et demain soir, je vais pleurer à chaudes larmes. Nostalgiques, les larmes. Heureuses, électrisées, les larmes.

Demain, je vais voir Dead Can Dance aux Nuits de Fourvière.

 

Lisa Gerrard & Brendan Perry - Dead Can Dance

Lisa Gerrard & Brendan Perry – Dead Can Dance

Raaaaah ! Dead Can Dance….

J’ai découvert ce groupe australien au lycée. Le mec de ma meilleure amie était un genre de lycéen tourmenté, adepte de Lautréamont et de Poe. Il nous a fait écouter Dead Can Dance. Et puis voilà.

Par la suite, j’ai poursuivi avec mon grand amoureux. Dead Can Dance, ça a été des heures et des heures : en voiture, dans une chambre, dans la campagne, en bord de mer, dans la nuit, en plein après-midi, l’été, l’hiver. À frissonner. À rêver. À être transportée loin. Dans une autre époque ou dans d’autres contrées.

 

Dead Can Dance, c’est une musique sans limites. Elle peut être sculpturale, sépulcrale, médiévale, orientale, glaciaire, romantique, enveloppante.

Cold wave, world, Dead Can Dance a visité et évolué dans de larges univers en 30 ans et 10 albums. Avec toujours pour fil conducteur les voix de Brendan Perry (sombre, lourde et chaude) et de Lisa Gerrard (majestueuse, minérale).

 

Un temps séparé pour des projets solo, le duo a repris la route depuis 2012 pour des concerts suite à la sortie d’un nouvel album « Anastasis ».

 

Demain, à la nuit tombée, le groupe jouera dans le théâtre antique de Fourvière à guichets fermés. Avec à leur côté, un ensemble qui portera ses 2 voix avec moults instruments pour un moment qui s’annonce magique.

Demain, je vais vibrer au son des morts qui dansent. Et je brûle d’impatience.

 

Un petit aperçu :

 

 

La position couchée

Ça sort d’un peu nulle part, ça n’a pas vocation à parler directement aux gens. Ça n’appelle rien, ça ne libère rien.

Lucian Freud

Lucian Freud

Soudain, il me dit « Tu parles trop. Allonge-toi et enlèves tes chaussures. ». Interloquée, je le regarde enlever son trench et le jeter sur le fauteuil. Il ne me quitte pas du regard, il n’a pas l’air de plaisanter. Ses yeux ne cillent pas, ils sont noirs, plein de conviction mais pas autoritaire comme je le craindrais.

Après une certaine hésitation, je m’exécute. J’enlève mes chaussures, je sais que ce n’est pas nécessaire mais je préfère. Je les dépose au pied du canapé. Je m’assieds sur le canapé puis m’allonge. Je regarde le plafond. Rien qui n’accroche l’œil pourtant. Pas d’ampoule, pas de moulures, pas de traces, pas de trous, pas d’aspérités. Je décide pourtant de ne pas le quitter. J’attends ses ordres.

Il s’assied alors dans le fauteuil. J’entends son poids faire bruisser le cuir du club. Ses mains se posent sur les accoudoirs. Et semblent les empoigner. Ce n’est qu’une supposition ; mon regard n’a pas dévié du plafond.

 

Le silence se fait. Ma respiration se calme, la sienne prend toute la pièce.

Puis, il parle : « Tu parles trop. Tu as peur du vide ? ».

C’est une vraie question, je le sens. Il va falloir répondre. Aucune échappatoire. Ni au plafond qui est blanc, ni dans l’air qui est devenu silencieux et lourd.

 

Que faire ? Que dire ? Répondre tout de go ? Contextualiser ? Il me faut alors remonter dans mes souvenirs. Dans un autre temps, une autre relation dans la même position. Dans la même situation.

 

Pourquoi le vide ? Et pourquoi pas.

« Tu parles trop. ». Que veux-tu vraiment dire ?

Sa question me plonge dans une grande confusion. Elle est intéressée et ça me plait. Mais c’est trop intime. Par où commencer. Il ne semble pas prêt à me laisser beaucoup de temps, de place et de chance dans ma réponse.

 

Je ne dévie pas du plafond tristement vide, au risque de m’attirer ses foudres. Comme si mon champ de vision était fermé, me protégeait de son impatience. Je sens qu’il bout. J’entendrais presque son cœur battre dans son buste et dans ses tempes. Il attend. J’attends qu’il passe à autre chose ou qu’il trouve lui-même. Comme si lui était plus capable que moi de connaître la réponse à cette question éminemment personnelle.

 

Il répète la question. Comme pour me signifier que la réponse lui importe. Plus que la question. Moi, c’est la question m’importe. Enfin… le constat amenant à la question. « Tu parles trop. ».

J’aime cette phrase courte, impérieuse, lourde de sens.

J’aime qu’il se rende compte de ma présence.

 

Je ne suis pas invisible ou fade comme ce plafond. J’aime qu’il l’ait remarqué. Jusqu’à l’agacement.

Je maintiens mon silence. Comme pour lui signifier que je n’ai pas de réponse à lui apporter, que je le laisserai bien se débrouiller avec cette constatation. S’en agacer, oui et se faire à cette idée. Ou pas. Je n’attends pas qu’il y remédie. Cette question, c’est la sienne. Tant pis pour lui. Je me régale de cette marque d’attention. C’est déjà beaucoup et presque trop.

Ça me suffit déjà à passer des nuits remplies.

 

Le temps s’écoule, je ne faillis pas. Il poursuit dans son silence. Il voudrait poser à nouveau la question en élevant la voix mais il sait que ça ne suffira pas, que je ne plierai pas. Que la réponse n’est pas là. Pas en moi. Pas maintenant ?

 

Il se lève alors, tranquillement et quitte la pièce. Je ferme les yeux. Le réveil sonne. Encore raté.

Demain peut-être… 

Là, sur ma peau gravée

J’entretiens une étrange relation avec ma peau. Je l’aime autant que je la déteste.

J’ai quelques « tâches ». J’ai un grain, ça, c’est avéré mais j’ai aussi un grain de peau particulier.

 

J’ai des grains de beauté comme des constellations. Plus jeune, j’en avais recensé avec l’aide de ma sœur plus de 200. Je n’avais pas 15 ans. Depuis, je miserai bien sur deux fois plus. De nouveaux apparaissent sans cesse, des historiques se transforment, certains même prennent une mauvaise tournure et je dois alors me décider, à contrecœur, à m’en séparer.

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J’en ai perdu quelques uns. En 2003 puis en 2008. Je n’ai pas aimé qu’on m’annonce qu’il fallait les enlever. J’ai encore moins aimé la trace de leur disparition. Parce qu’ils ne sont pas partis sans laisser de traces justement. J’ai gardé à chaque emplacement un souvenir d’eux. Je marque beaucoup. Comme l’esprit, le corps marque des évènements de la vie. Dans mon cas, juste les petites bugnes, les accidents de la vie. Et ces grains.

J’aurais préféré qu’il n’y ait plus rien, comme pour laisser leur chance aux autres. Non, les disparus sont toujours présents sur mon corps. Comme pour me rappeler les différents moments de ma vie : une année, un garçon, un état d’esprit.

Tiens, celui-là dans la nuque, c’est 2003 et ce garçon. C’est aussi la partie la plus érogène dans l’imaginaire japonais.

Tiens, ceux-là sur mon buste, c’est 2008 et un autre garçon. C’est aussi ce moment où j’ai délaissé mon corps pour m’occuper de ma tête, pour comprendre ce qui s’y passait et retrouver le contrôle de ce tout.

Tiens celui-là sur mon ventre, c’est 2011 et encore un autre garçon. C’est un drôle de grain qu’il a fallu accepter. C’était un long travail qui est allé au delà de ce centimètre marron clair. Etc, etc…

C’est comme un album de souvenirs.

 

Ces grains sont de tous genres, toutes formes, toutes tailles, toutes teintes de marron à noir. Ils ont des formes étranges comme des tatouages improbables fait de reliefs. Ils font des rondes et même des triangles. Doux, lisses, bombés, rugueux, des tas de combinaisons sont possibles. Certains passent inaperçus, trop nombreux sur les bras ou le long des jambes. D’autres non, les polissons, placés à des endroits très cachés. Je les regarde avec beaucoup d’amour ceux-là quand je complexe par rapport à d’autres, moches et/ou mal placés mais au final, je les aime tous. Ils forment un tout. Moi.

Parfois je voudrais m’en débarrasser de quelques uns (les moches et/ou mal placés) et puis finalement, à bien y réfléchir, j’aimerais les garder tous, tels quels. Qu’ils ne bougent pas, qu’ils restent ainsi. Mais la peau vit et ces grains évoluent. Et je dois me résoudre annuellement à les passer à la loupe. J’espère toujours qu’ils vont se tenir droit, qu’aucun ne fera de conneries, qu’on restera tous ensemble, soudés, unis.

 

Je me demande parfois si ces grains sont un trait de beauté dans le regard de l’autre. Un jour, un garçon pour lequel j’étais tombée croc m’a fait la remarque : "Tu es pleine de grains.". Passe encore, bien que j’ai cru que ces tâches le distrairaient pendant ce moment d’intimité. J’avais vu juste, quand sa main a effleuré ma peau, il a senti sous ses doigts des petites bosses, des grains et il a brisé mon désir d’un "Tu n’as pas la peau douce"…. J’en ai gardé du ressentiment pour lui et un désamour passager accompagné d’un complexe, lui aussi heureusement passager envers mes petits grains.

Souvent, je regarde avec envie les peaux laiteuses. J’imagine la douceur sous la blancheur. J’aimerais parfois troquer ma peau tâchée contre un bel aplat. Mais cette peau, c’est un héritage.

 

Je n’aime pas vraiment les tatouages. Du moins, pas pour moi.

Mes grains sont ma peau, mon tatoo à moi.

 

Charlotte Gainsbourg – Beauty Mark


Et vous, vous l’aimez votre peau ?

J’avais envie de parler de ma peau parce que l’été arrive (si si) et le manque cruel soleil de ces derniers mois pourrait nous faire prendre des risques inconsidérés pour notre peau. Sans jouer la maman, les médecins recommandent de faire examiner notre peau chaque année pour prévenir cancers de la peau.

Pour en savoir plus, un site dont le contenu scientifique est validé par des médecins a été créé : http://www.peau.net

 

Ceci n’est pas un article sponsorisé ou rémunéré. J’ai reçu un mail d’information qui m’a interpellé.  Et comme je ne rate pas une occasion de faire mon exhibitionniste, le sujet était tout trouvé. Avec en prime, une photo ultra pas naturelle de ma peau grainée parce que je ne pouvais quand même pas tout vous montrer en une seule fois.

Les 5 choses que je n’aime pas à Lyon

Oui, parce que c’était bien mignon cette chaîne des « 5 choses que j’aime à Lyon » (sur une sympathique idée de Lyon City Crunch) mais ça finit par flairer le plan marketing de l’Office du Tourisme de Lyon, non ?

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Parce qu’il y a bien des choses que je n’aime pas, ou tout du moins qui m’agacent à Lyon. Faudrait pas croire que tout est tout rose à Lyon. Je les ai découverte arrivée ici. Forcément. Mais je le déclare officiellement, ces 5 choses n’auraient pas pu me dissuader de venir vivre ici ou même d’en partir.

  

  • Lyon aime perdre les gens : où sont les rues ? Leurs noms et leurs numéros ? Combien de fois je me retrouve perdue (pas de plan papier, plus de batterie sur le smartphone) dans une rue, cherchant son nom au coin d’un bâtiment ? On croirait que le sport national est de voler les plaques de noms de rues et que les plaques des numéros des immeubles sont attribuées aux plus offrants … 
  • Lyon est faite de gens froids : oui, encore. Je ne parle pas des Lyonnais mais de la réputation des Lyonnais. Parce qu’on m’a bassiné avec « tu verras, ils sont froids les Lyonnais ». Ce « on », c’est autant des non-Lyonnais que des Lyonnais. Mais bon dieu gars ! Vous aimez vous tirer une balle dans le pied ? Et ben, moi je n’ai pas trouvé cette réputation. Elle est cachée où ? Ah oui, dans la tête des cons. Ceux-là, je les évite. Et je n’ai rencontré que des gens sympas. Ceux pas sympas, pas ouverts, ben c’est plus une question de vie, d’affinités, pas d’origine géographique. Et d’ailleurs, j’en n’ai pas rencontré beaucoup des vrais Lyonnais. C’est qu’ils seraient tous partis ? C’est qu’ils aimeraient moins leur ville que les non-locaux ?
  • Lyon n’est jolie que de dedans : preskikilien, preskikilienne, tu connais ta chance. Garde-la précieusement ! Parce que hors les 1er, 2ème et éventuellement 4ème arrondissements, le beau est accessoire. Lyon s’est déchaîné pendant les 30 Glorieuses et même après, jusque dans les années 70-80 pour faire pousser les immeubles (pardon, immeuuuubles) les plus moches les uns que les autres. La reconstruction après la guerre, le baby boom, l’immigration, il a fallu construire, construire. Mais pas que des HLM ! Et vas-y que je te foute des immeubles boites de lait sur les flancs de la Croix-Rousse ! Et vas-y que je te dote d’un magnifique centre commercial flambant neuf et moderne à tout crin à la Part-dieu ! Ah il doit y en avoir eu quelques margoulins à s’être gavés de fric dans ces projets architecturaux. Les bâtiments historiques (de l’époque romaine à début XXème) ne sont pas nombreux hors de la presqu’île. Dommage pour le tourisme et les balades du dimanche… 
  • Lyon a un métro de retard : Quand enfin, les panneaux informatifs avec l’heure et les horaires des deux prochains métros ont été installé, j’ai crié « Victoire ! Lyon entre enfin dans le monde de la technologie ! ». Oui, parce que ce petit métro avec ses petites lignes (4 couleurs quoi ! C’est tout mignon à côté des 14 couleurs du métropolitain parisien) fait encore bébé. Embrayage à 6h du mat, débrayage à minuit en semaine, 1h en weekend. Faudrait penser à s’aligner sur la vie des urbains quand même TCL ? 
  • Lyon s’arrête de respirer un jour par an : Le 1er mai, reste chez toi ! Surtout ne sors pas ! Sauf s’il fait beau et là, précipite-toi dans un parc. Mais s’il pleut, j’espère pour toi que tu as le frigo rempli parce que sinon…. Tout s’arrête ce jour-là ! Et comment on fait si on travaille ce jour-là ? Oui, parce qu’aussi incroyable que ce soit, à Lyon il y a quand même des gens qui travaillent ce jour-là mais pas dans le métro, pas dans les commerces, mais plutôt dans les bureaux. Et eux, ils doivent se démerder ce jour-là en mode survivor.

 

Et en bonus, parce que merde…

  • Lyon est hostile, météorologiquement parlant : ici, quand il fait chaud c’est canicule. Ici, quand il fait froid, c’est glacial. Ici, quand il pleut, c’est ambiance Bretagne Nord, pluie non stop pendant 24h voire 48h. Ici, il vente tout le temps. J’en ai bousillé des parapluies. J’ai couru après des chapeaux dans la rue. Rien entre les deux. Lyon ne fait pas dans l’entre-deux question climat. Oui, je sais, c’est pas de la faute de Lyon mais de la Nature. 

Alors, bien sûr, certaines de ces choses ne sont pas propres à Lyon :

- On pourra me retorquer pour les n°4 et 5, qu’on peut retrouver ces mêmes manques dans les autres villes de province et que fort heureusement, le rythme est moins fou qu’à Paris et qu’on traite l’humain ici, au lieu de le faire bosser 7/7, etc. Que les vélo’v, c’est pas fait pour les chiens (oui, c’est vrai). Oui, enfin, faudrait pas non plus virer bisounours non plus, hein. 

- On pourra me moquer avec mon n°6.

- On pourra me citer des méchants Lyonnais, rapport au n°2 ; allez-y, balancez !

- On pourrait m’expliquer n°1 ? Si un de mes lecteurs se trouve employé de la Direction de l’urbanisme au Grand Lyon, qu’il se manifeste ici et maintenant !

- On pourra me dire que n°3, c’est une affaire de goûts et de couleurs / il y avait urgence / c’était considéré comme de l’architecture de premier goût à l’époque / ça pourrait s’appliquer à l’architecture des années 90-00 et la suite, pour peu qu’on attende quelques décennies. Pas faux tout ça.

 

N’y voyez pas un article parisiano-condescendant. J’ai lu récemment quelque part combien Lyon est « génial » et j’avoue avoir un peu hurlé intérieurement à la lecture des arguments faussement pro-lyonnais, plus sûrement paternaliste façon "ils sont mignons ces petits provinciaux", après m’être réjouie bien trop vite (merci la lecture en diagonale….). 

Mais voilà, faudrait aussi rétablir la balance. Parce que merde….

Bon, je vous attends les Lyonnais : c’est quoi le problème d’après vous ici ? J’attends autant de mauvaise foi et d’injustice irrationnelle de votre part. Prouvez-moi que je vous mérite !  

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