Là, sur ma peau gravée

J’entretiens une étrange relation avec ma peau. Je l’aime autant que je la déteste.

J’ai quelques « tâches ». J’ai un grain, ça, c’est avéré mais j’ai aussi un grain de peau particulier.

 

J’ai des grains de beauté comme des constellations. Plus jeune, j’en avais recensé avec l’aide de ma sœur plus de 200. Je n’avais pas 15 ans. Depuis, je miserai bien sur deux fois plus. De nouveaux apparaissent sans cesse, des historiques se transforment, certains même prennent une mauvaise tournure et je dois alors me décider, à contrecœur, à m’en séparer.

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J’en ai perdu quelques uns. En 2003 puis en 2008. Je n’ai pas aimé qu’on m’annonce qu’il fallait les enlever. J’ai encore moins aimé la trace de leur disparition. Parce qu’ils ne sont pas partis sans laisser de traces justement. J’ai gardé à chaque emplacement un souvenir d’eux. Je marque beaucoup. Comme l’esprit, le corps marque des évènements de la vie. Dans mon cas, juste les petites bugnes, les accidents de la vie. Et ces grains.

J’aurais préféré qu’il n’y ait plus rien, comme pour laisser leur chance aux autres. Non, les disparus sont toujours présents sur mon corps. Comme pour me rappeler les différents moments de ma vie : une année, un garçon, un état d’esprit.

Tiens, celui-là dans la nuque, c’est 2003 et ce garçon. C’est aussi la partie la plus érogène dans l’imaginaire japonais.

Tiens, ceux-là sur mon buste, c’est 2008 et un autre garçon. C’est aussi ce moment où j’ai délaissé mon corps pour m’occuper de ma tête, pour comprendre ce qui s’y passait et retrouver le contrôle de ce tout.

Tiens celui-là sur mon ventre, c’est 2011 et encore un autre garçon. C’est un drôle de grain qu’il a fallu accepter. C’était un long travail qui est allé au delà de ce centimètre marron clair. Etc, etc…

C’est comme un album de souvenirs.

 

Ces grains sont de tous genres, toutes formes, toutes tailles, toutes teintes de marron à noir. Ils ont des formes étranges comme des tatouages improbables fait de reliefs. Ils font des rondes et même des triangles. Doux, lisses, bombés, rugueux, des tas de combinaisons sont possibles. Certains passent inaperçus, trop nombreux sur les bras ou le long des jambes. D’autres non, les polissons, placés à des endroits très cachés. Je les regarde avec beaucoup d’amour ceux-là quand je complexe par rapport à d’autres, moches et/ou mal placés mais au final, je les aime tous. Ils forment un tout. Moi.

Parfois je voudrais m’en débarrasser de quelques uns (les moches et/ou mal placés) et puis finalement, à bien y réfléchir, j’aimerais les garder tous, tels quels. Qu’ils ne bougent pas, qu’ils restent ainsi. Mais la peau vit et ces grains évoluent. Et je dois me résoudre annuellement à les passer à la loupe. J’espère toujours qu’ils vont se tenir droit, qu’aucun ne fera de conneries, qu’on restera tous ensemble, soudés, unis.

 

Je me demande parfois si ces grains sont un trait de beauté dans le regard de l’autre. Un jour, un garçon pour lequel j’étais tombée croc m’a fait la remarque : "Tu es pleine de grains.". Passe encore, bien que j’ai cru que ces tâches le distrairaient pendant ce moment d’intimité. J’avais vu juste, quand sa main a effleuré ma peau, il a senti sous ses doigts des petites bosses, des grains et il a brisé mon désir d’un "Tu n’as pas la peau douce"…. J’en ai gardé du ressentiment pour lui et un désamour passager accompagné d’un complexe, lui aussi heureusement passager envers mes petits grains.

Souvent, je regarde avec envie les peaux laiteuses. J’imagine la douceur sous la blancheur. J’aimerais parfois troquer ma peau tâchée contre un bel aplat. Mais cette peau, c’est un héritage.

 

Je n’aime pas vraiment les tatouages. Du moins, pas pour moi.

Mes grains sont ma peau, mon tatoo à moi.

 

Charlotte Gainsbourg – Beauty Mark


Et vous, vous l’aimez votre peau ?

J’avais envie de parler de ma peau parce que l’été arrive (si si) et le manque cruel soleil de ces derniers mois pourrait nous faire prendre des risques inconsidérés pour notre peau. Sans jouer la maman, les médecins recommandent de faire examiner notre peau chaque année pour prévenir cancers de la peau.

Pour en savoir plus, un site dont le contenu scientifique est validé par des médecins a été créé :
http://www.peau.net

 

Ceci n’est pas un article sponsorisé ou rémunéré. J’ai reçu un mail d’information qui m’a interpellé.  Et comme je ne rate pas une occasion de faire mon exhibitionniste, le sujet était tout trouvé. Avec en prime, une photo ultra pas naturelle de ma peau grainée parce que je ne pouvais quand même pas tout vous montrer en une seule fois.

Les 5 choses que je n’aime pas à Lyon

Oui, parce que c’était bien mignon cette chaîne des « 5 choses que j’aime à Lyon » (sur une sympathique idée de Lyon City Crunch) mais ça finit par flairer le plan marketing de l’Office du Tourisme de Lyon, non ?

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Parce qu’il y a bien des choses que je n’aime pas, ou tout du moins qui m’agacent à Lyon. Faudrait pas croire que tout est tout rose à Lyon. Je les ai découverte arrivée ici. Forcément. Mais je le déclare officiellement, ces 5 choses n’auraient pas pu me dissuader de venir vivre ici ou même d’en partir.

  

  • Lyon aime perdre les gens : où sont les rues ? Leurs noms et leurs numéros ? Combien de fois je me retrouve perdue (pas de plan papier, plus de batterie sur le smartphone) dans une rue, cherchant son nom au coin d’un bâtiment ? On croirait que le sport national est de voler les plaques de noms de rues et que les plaques des numéros des immeubles sont attribuées aux plus offrants … 
  • Lyon est faite de gens froids : oui, encore. Je ne parle pas des Lyonnais mais de la réputation des Lyonnais. Parce qu’on m’a bassiné avec « tu verras, ils sont froids les Lyonnais ». Ce « on », c’est autant des non-Lyonnais que des Lyonnais. Mais bon dieu gars ! Vous aimez vous tirer une balle dans le pied ? Et ben, moi je n’ai pas trouvé cette réputation. Elle est cachée où ? Ah oui, dans la tête des cons. Ceux-là, je les évite. Et je n’ai rencontré que des gens sympas. Ceux pas sympas, pas ouverts, ben c’est plus une question de vie, d’affinités, pas d’origine géographique. Et d’ailleurs, j’en n’ai pas rencontré beaucoup des vrais Lyonnais. C’est qu’ils seraient tous partis ? C’est qu’ils aimeraient moins leur ville que les non-locaux ?
  • Lyon n’est jolie que de dedans : preskikilien, preskikilienne, tu connais ta chance. Garde-la précieusement ! Parce que hors les 1er, 2ème et éventuellement 4ème arrondissements, le beau est accessoire. Lyon s’est déchaîné pendant les 30 Glorieuses et même après, jusque dans les années 70-80 pour faire pousser les immeubles (pardon, immeuuuubles) les plus moches les uns que les autres. La reconstruction après la guerre, le baby boom, l’immigration, il a fallu construire, construire. Mais pas que des HLM ! Et vas-y que je te foute des immeubles boites de lait sur les flancs de la Croix-Rousse ! Et vas-y que je te dote d’un magnifique centre commercial flambant neuf et moderne à tout crin à la Part-dieu ! Ah il doit y en avoir eu quelques margoulins à s’être gavés de fric dans ces projets architecturaux. Les bâtiments historiques (de l’époque romaine à début XXème) ne sont pas nombreux hors de la presqu’île. Dommage pour le tourisme et les balades du dimanche… 
  • Lyon a un métro de retard : Quand enfin, les panneaux informatifs avec l’heure et les horaires des deux prochains métros ont été installé, j’ai crié « Victoire ! Lyon entre enfin dans le monde de la technologie ! ». Oui, parce que ce petit métro avec ses petites lignes (4 couleurs quoi ! C’est tout mignon à côté des 14 couleurs du métropolitain parisien) fait encore bébé. Embrayage à 6h du mat, débrayage à minuit en semaine, 1h en weekend. Faudrait penser à s’aligner sur la vie des urbains quand même TCL ? 
  • Lyon s’arrête de respirer un jour par an : Le 1er mai, reste chez toi ! Surtout ne sors pas ! Sauf s’il fait beau et là, précipite-toi dans un parc. Mais s’il pleut, j’espère pour toi que tu as le frigo rempli parce que sinon…. Tout s’arrête ce jour-là ! Et comment on fait si on travaille ce jour-là ? Oui, parce qu’aussi incroyable que ce soit, à Lyon il y a quand même des gens qui travaillent ce jour-là mais pas dans le métro, pas dans les commerces, mais plutôt dans les bureaux. Et eux, ils doivent se démerder ce jour-là en mode survivor.

 

Et en bonus, parce que merde…

  • Lyon est hostile, météorologiquement parlant : ici, quand il fait chaud c’est canicule. Ici, quand il fait froid, c’est glacial. Ici, quand il pleut, c’est ambiance Bretagne Nord, pluie non stop pendant 24h voire 48h. Ici, il vente tout le temps. J’en ai bousillé des parapluies. J’ai couru après des chapeaux dans la rue. Rien entre les deux. Lyon ne fait pas dans l’entre-deux question climat. Oui, je sais, c’est pas de la faute de Lyon mais de la Nature. 

Alors, bien sûr, certaines de ces choses ne sont pas propres à Lyon :

- On pourra me retorquer pour les n°4 et 5, qu’on peut retrouver ces mêmes manques dans les autres villes de province et que fort heureusement, le rythme est moins fou qu’à Paris et qu’on traite l’humain ici, au lieu de le faire bosser 7/7, etc. Que les vélo’v, c’est pas fait pour les chiens (oui, c’est vrai). Oui, enfin, faudrait pas non plus virer bisounours non plus, hein. 

- On pourra me moquer avec mon n°6.

- On pourra me citer des méchants Lyonnais, rapport au n°2 ; allez-y, balancez !

- On pourrait m’expliquer n°1 ? Si un de mes lecteurs se trouve employé de la Direction de l’urbanisme au Grand Lyon, qu’il se manifeste ici et maintenant !

- On pourra me dire que n°3, c’est une affaire de goûts et de couleurs / il y avait urgence / c’était considéré comme de l’architecture de premier goût à l’époque / ça pourrait s’appliquer à l’architecture des années 90-00 et la suite, pour peu qu’on attende quelques décennies. Pas faux tout ça.

 

N’y voyez pas un article parisiano-condescendant. J’ai lu récemment quelque part combien Lyon est « génial » et j’avoue avoir un peu hurlé intérieurement à la lecture des arguments faussement pro-lyonnais, plus sûrement paternaliste façon "ils sont mignons ces petits provinciaux", après m’être réjouie bien trop vite (merci la lecture en diagonale….). 

Mais voilà, faudrait aussi rétablir la balance. Parce que merde….

Bon, je vous attends les Lyonnais : c’est quoi le problème d’après vous ici ? J’attends autant de mauvaise foi et d’injustice irrationnelle de votre part. Prouvez-moi que je vous mérite !  

Disquaire Day : une galette inédite à se mettre sous la dent !

Salut les p’tits clous (ambiance pour les plus de 30 ans ici),

Météo mitigée oui oui mais c’est le printemps, quoi. Du coup, on est dans l’inter-saison question musique :

  • concerts indoors ? Ouais mais nan mais il fait trop chaud pour aller se cloîtrer dans une salle. Et pis, c’est la période des premiers apéros et pique-niques. Faudrait en profiter !
  • festivals ? Ouais mais nan mais c’est trop tôt !

Bref, la question d’où écouter de la musique fait débat à cette époque de l’année.

Et si on coupait la poire en 2 ?

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Petit rappel des faits (j’en avais parlé ici mais vous n’êtes pas obligés d’aller lire):

Disquaire Day ou Record Store Day est un mouvement lancé par les disquaires et labels indépendants  anglo-saxons face à la chute drastique des ventes de disques (merci la crise, merci le téléchargement, merci François Hollande quoi). L’idée germe en 2007 et se propage. En 2011, elle gagne la France.

Disquaire Day c’est dans toute la France ce samedi 20 avril chez tous les bons disquaires indépendants. Merci donc de ne pas vous rendre dans votre Fnac locale…

Cette année, le parrain de l’événement c’est Jack White.

Ce jour-là, des sorties musicales exclusives sont prévues : des faces B, des lives, des remixes, des titres inédits, des rééditions d’artistes de tous horizons, le tout en majorité sous forme de galettes noires, essentiellement de musiques actuelles par contre. Je vous laisse voir la longue liste de sorties sur le site.

Mais aussi, des concerts (un gros concert est prévu à la Gaité Lyrique pour les parisiens : Alex Beaupain, Christine and the Queens, Girls in Hawaii, Lilly Wood & The Prick, Rubin Steiner et Wax Tailor), des expos, des trucs et des bidules.

Et regardez un peu pour les Lyonnais (mes plus fidèles lecteurs, je vous aime !), regardez ce qu’ils nous ont concocté :

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Visuel de Cara Mia, illustratrice lyonnaise très douée

Concerts 

  • Au Pep’s dans le 1er ardt de Lyon :

Dolorosa (Electro)

Sathönay (Rock)

The Mighty Lions (Reggae)

Denis Rivet (french folk)

The Rebels of Tijuana (yéyé / pop)

  • De 14h à 18h : Exposition de vinyles dans une galerie du quartier du 1er arrondissement + Marché des labels indépendants de la région Rhône-Alpes à la dalle Leynaud + Atelier-photos itinérant « Pour l’Amour du Disque » chez les disquaires Dangerhouse, Sofa Records, Buffet Froid et CD1D (toi et ton vinyle préféré)
  • Showcases

Suissa (Chanson) (poke à Anthony de Woocares)

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Demandez le programme !

Et le teaser qui va bien :

Disco time – summer time – Daft Punk time

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On a sauté de l’hiver à l’été en moins d’une journée. Hier, la ville a gagné en chaleur et lumière ce que nous avons perdu en vêtements. Enfin… timides, nous nous sommes installés tranquillement en terrasses. Pour exploser aujourd’hui et nous exposer dans les jardins, en villes, pieds nus (et OMG, ma pédicure ! Branle-bas de combat pour sortir de notre tenue d’hiver : poils et consorts, cassez-vous ! Revenez en octobre et pas avant !).

Bref, entre glaces, pique-nique, pieds dans l’herbe, ice tea et coups de soleil, la France a repris des couleurs.

Comme si le retour de Daft Punk avait sonné l’heure pour le soleil.

Discorama qu’il s’annonce leur grand retour. Entre la prod de Nile Rodgers (le monsieur de Chic qui n’a pas d’âge) et le flow moelleux de Pharrell Williams (toujours aussi beau gamin celui-là…grrrrrr), ce "Get Lucky", c’est du tube tout en paillettes et joie. Ça donne de l’espoir, des envies, de l’énergie et du souffle !

 

Okay, ce n’est pas aussi catchy qu’un "One More Time"

Okay, ça a des accents de Superdust "Music Sounds Better With You" (dont l’auteur est Thomas Bangalter, tiens tiens….)

Je ne sais pas vous, mais moi, j’entends qu’il appelle l’été ce teaser. Son sur fond noir mais pailleté, argenté et doré. Images sur des notes lumineuses et gaies.

On l’attend de pied ferme ce nouvel album au nom moche et pas rêveur "Random Access Memories" (sortie prévue le 21 mai prochain).

Teaser diffusé dans Saturday Night Live

Été, on est prêts !

Les 5 choses que j’aime à Lyon (s’il fallait choisir absolument)

Crédit : Benzema.artblog.fr/

Clémentine, la fille à Lyon m’a refilé le bébé I heart Lyon et je ne pouvais pas le laisser se noyer dans l’eau du Rhône ou même de la Saône.

N’y voyez pas une opposition Paris-Lyon (« Paris ! Paris ! On t’em….brasse » comme dirait mon gentil hooligan de collègue). Si j’ai choisi de comparer Lyon à Paris, c’est plus par rapport à mon parcours personnel. J’ai fait du chemin d’une capitale à une autre ; de banlieusard francilienne puis Parisienne à banlieusarde lyonnaise pour finir définitivement Lyonnaise (preskikilienne). Difficile d’être objectif quand on oppose Lyon à Doué la Fontaine ou à Mimizan. Alors, comparons deux capitales, ce sera plus simple :)

 

L’esprit village :

Quand on vient de Paris, on imagine que le reste de la France n’est qu’une succession de petits villages (merci la décentralisation foirée). On oublie que Paris s’est aussi construite sur l’addition de villages. Et quand on n’en peut plus de Paris et de son anynomat parce que ses charmants villages devenant des gros arrondissements ont mangé le reste d’humanité qui subsistait en vous (celle qui émerge à Noël ou l’été, au calme, hors de Paris), on arrive à Lyon et on découvre ses charmants petits villages à elle. Ces quartiers, arrondissements parfois mais pas toujours. Eux-mêmes des anciens villages, parfois mais pas toujours.

Mais surtout, ce charme de la rencontre par hasard, au coin d’une rue, à la sortie du métro, dans un café, d’un copain, d’une collègue ou d’un ennemi (sinon on vit vraiment au pays des bisounours…). Et soudain, on aime l’esprit village.

Tout est à taille d’homme. Tout se fait à pied ici. Enfin… presque tout. Limite, les transports en commun ne servent à rien. Je dis ça pour les preskikiliens évidemment. Les autres, bon courage. Sincèrement. Je déconne. Pour ça, il y a TCL et son billet plus cher que le parisien, son trafic perturbé sans aucune diffusion d’information, ses petits wagons et ses horaires pépère (passé 20h, c’est déjà la nuit sur le réseau). C’était la minute Myrtille.

Je ne dis pas que l’esprit village est propre à Lyon et à aucune autre ville de France, hors Paris. Je ne dis pas. Mais concilier la grande ville avec l’esprit village, ça pète.

 

 

Fourvière :

Quand on vient de Paris, on a besoin de retrouver des repères visuels, architecturaux. Et quand on découvre Fourvière, la basilique, la tour radio et le crayon, on est soulagé.

À chaque fois que je les vois, je les identifie comme mes nouveaux Montmartre, Tour Eiffel et Montparnasse. Pas du pauvre, non. La version alternative. Moins massifs, moins encombrants, moins prétentieux (je parle de Montmartre, boursouflé comme un gros gâteau américain). Plus à notre échelle, une jolie grande échelle. Pas immense, pas prétentieuse. Juste à la bonne taille. D’où qu’on soit en ville, on en voit au moins un. Avoir l’un d’eux au coin de ma fenêtre me rappelle où je suis. Pas juste dans une ville. À Lyon.

 

 

L’accent du gône :

Quand on vient de Paris, on vient avec notre accent (et nos préjugés, oui …). Au choix : pédant (voir les vidéos du Parisien au bureau, du Parisien en weekend, du Parisien en vacances et de la Parisienne), titi (mais vous en croisez encore souvent au bar-tabac du coin des Arletty et Gabin, vous ?) ou wesh wesh.

Pour le dernier, il est un peu devenu universel. Pour les 2 premiers, ils sont bien particuliers :) Oh oui…

 

Et quand on entend le lyonnais parler la première fois, on ricane bêtement. Parce qu’entre le portefeuuuuuille, la gâche et « j’ai eu fait » ou « je vais y faire », hello le folklore! Moi, ça me fait marrer, je trouve ça limite exotique. Parce qu’il reste peu d’expressions vocales régionales, a fortiori dans des grandes villes. À l’heure de la mondialisation et de l’anglicisme à tout va, c’est rafraichissant. C’est un peu de l’Astérix à la sauce linguiste. Pour autant, je n’ai pas adopté ce lifestyle. Non non non. C’est comme ça, je le laisse à ceux du cru.

En revanche, il y a des vetos qui se perdent ! Non, la rue de la République vite dit, ça n’est pas la rue de la Ré ! NO WAY ! La Ré de quoi ? DTC ? Allons, les Lyonnais … La Rép’, la Répu, comme vous voulez mais pas la Ré svp.

 

 

Lyon, ville du Sud au Nord, ville du Nord au Sud :

Quand on vient de Paris, on situe grossièrement Lyon sur une carte de France comme un point en plein milieu de la carte. J’ai dit grossièrement. Au milieu sur le chemin des vacances (été et hiver, l’un ou l’autre, les deux pour les plus chanceux) et basta. On ne sait pas qu’il y a une vie au delà du tunnel de Fourvière.

Quand on s’y arrête, par hasard/par malchance/par chance/par envie/par dépit, on découvre que Lyon est une ville entre-deux, oui mais joliment situé.

Non, je ne vous ressortirai pas la sempiternelle « on est à 2h de la mer et à 2h de la montagne ». Je parle de cet entre-deux architectural, météorologique et culturel.

 

Quand je n’étais pas Lyonnaise, j’avais décrété que Lyon était la porte du Sud.

Mes copains parisiens ou nordistes approuvaient. Et ils étaient cons (mais j’étais la plus con d’entre tous).

Mes copains lyonnais ou sudistes ricanaient bien. Et ils avaient raison.

 

Pourquoi cette idée à la con me direz-vous ?

Les façades des immeeeeeeeubles colorées aux teintes chaudes, les toitures de tuiles rouges, les formats hauts des immeeeeeeeeeubles et les petits toits et leurs cheminées.

Les câbles électriques des trolleybus.

La place des Terreaux avec ses bâtiments d’architecture néo-classique, sa fontaine et ses terrasses de cafés.

C’est le Sud pour moi. Mieux, c’est l’Italie pour moi.

 

Je suis devenue, il y a peu, voisine de cette place et chaque matin, quand je la traverse, je me sens transportée dans une ville d’Italie (n’importe laquelle, je ne suis pas bégueule. Tant que c’est l’Italie …).

 

Culturellement, c’est étrange, la supposée froideur des Lyonnais qu’on attribue surtout à la sociologie de la ville (vieilles familles catholiques de l’aristocratie ou de la haute-bourgeoisie) n’est plus de mise. Enfin, je ne fréquente pas de gens d’Ainay. Ça reste un cliché des gens de l’extérieur principalement.

Alors quand je parle de Sud au niveau culturel, je parle surtout de l’anecdote : terrasses et lunettes de soleil dégainées dès le moindre rayon. L’envie de vivre dehors. Il n’y a qu’à voir sur la place de la Guillotière où les vieux maghrébins se retrouvent tous les jours pour tailler le bout de gras, se vendre des machins et des trucs et passer le temps. C’est un petit bout du Sud  avec un grand « S ».

 

Et puis, la météo est plus joyeuse que celle de Paris. Bon, quand il pleut, c’est plus ambiance Brest pendant 8 jours que douche tropicale. Bon, quand il fait froid, c’est plus Moscou que l’hiver à la mer. Mais quand même !

 

 

Et le meilleur pour la fin….

 

Les clichés sur Lyon qu’on la garde que pour nous (et que c’est pas français tout ça !) :

 

Quand j’étais à Paris, j’en entendais des vertes et des pas mûres sur Lyon : « Lyon et ses bouchons » (ses km de gras et de viande mais surtout ses km de bagnole), Lyon et sa jolie vallée pétro-chimique, « Lyon c’est une cuvette, on y étouffe l’été », Lyon et ses cons (toujours la froideur ancestrale de ses habitants), Lyon et ses gares plus moches les unes que les autres (Perrache/Part-dieu, quelle est la pire ?).

 

Et puis, je suis descendue de ma capitale et j’ai vu la ville, retrouvé des amis non-Lyonnais devenus néo-Lyonnais et j’ai oublié ces conneries.

Sans dire que tout est faux, je dirais que tout est partiel. Et je n’oublierai pas de dire que je suis totalement subjective évidemment.

 

Toutes ces horreurs qu’on débite sur Lyon n’attirent pas trop le chaland, c’est certain. Mais au moins, ça n’attire pas le con non plus ! J’aime que mes amis qui viennent me visiter découvrent avec plaisir les trésors de la ville, dont je ne manque pas de leur faire l’article (un vrai guide OnlyLyon à moi toute seule !). Et j’aime encore plus quand mes amis rentrent chez eux et portent la bonne parole autour d’eux. Le côté « ville qui gagne à être connue », ça me plait et ça me parle (cf mon article sur Turin).

 

J’étais Parisienne et heureuse, je suis devenue Lyonnaise et chauvine ! Paf, c’est dit.

 

 

Voilà pour ma déclaration d’amour à Lyon. Évidemment, j’aime aussi toutes les choses qu’aiment Clémentine, UneMolkette, Qyrool et Littlecelt.

 

Et vous ?

Mélo ?

Cylia ?

Anthony ?

Rue Burdeau, part I – galeries et expos du moment

Régulièrement, je me prends un shot de culture : j’enchaîne les galeries lyonnaises façon barathon anglais. Évidemment, je la joue feignasse à l’anglaise : toutes les galeries d’une rue y passent. Et pas n’importe quelle rue : la rue Burdeau dans le 1er ardt.
Celle qui concentre le plus de galeries au m2 à Lyon.
Je vous embarque dans mon trip ?

Vu dernièrement 2 expos qui m’ont plu et ô surprise, elles étaient présentées dans 2 galeries qui me plaisent aussi. Comme quoi. Quoi ? Rien.

Arièle Bonzon, Incertitudes, 2010-2013 / Yves Rozet, Figures déliées sur un fond sans fond, 2002-2010 – Le Réverbère

Pas grand chose à dire sur ces deux expositions sinon que j’ai préféré celle d’Yves Rozet.
Arièle Bonzon, une femme qui travaille les matières, les formats, le grain, demande à l’oeil du visiteur de se concentrer sur le détail, plus que sur l’ensemble.
Yves Rozet, un homme qui travaille les correspondances. Il compose des diptyques voire triptyques sur des atmosphères, des couleurs, des figures, des tonalités, des thèmatiques.

Pour Yves Rozet, le cartel de présentation dit pourtant en substance tout l’inverse :
Le “blanc” de l’intervalle entre les images agit comme lieu de passage entre ces fragments qui ne se complètent pas, entre ces puzzles impossibles où rien ne semble s’imbriquer, avec la volonté de ne pas livrer une image unique qui serait censée contenir la totalité d’une expérience.

Moi, j’ai ressenti justement cette correspondance. Je suis tombée à côté de la plaque ? Alors tant pis. L’artiste ne maîtrise pas (toujours) le message qu’il délivre et ça ne fait pas de son travail un échec.

Encore des photos bien pourries avec iPhone mais à l’appareil photo, le rendu ne serait pas beaucoup moins. Il ne vous reste plus qu’à y aller. Non mais.

 

N° 38 de la rue Burdeau

Le Réverbère – Exposition jusqu’au 23 avril

 

L’archéologie du futur – 360m3

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L’expo d’un collectif : Noémie Monier, commissaire d’exposition, et Antoine Sansonetti, artiste plasticien

L’expo vient tout juste de se terminer et c’est bien dommage. Mais quand même, j’ai envie d’en parler et d’en montrer. Parce que j’ai vu des œuvres plastiques, bien pensées et même très esthétiques et un propos hyper malin.

Montrer les objets du présent comme les découvrirait un archéologue du futur. Prendre du recul pour s’interroger sur les questions qu’il se poserait face à ces vestiges d’un ancien monde. Un monde urbain, qui a transformé la nature, l’a neutralisé pour en proposer une autre, nouvelle mais artificielle. Qu’y a t-il donc dans nos têtes d’hommes modernes ?

Pourquoi ce paysage de montagne fait de parpaings, élément « statique », rigoureux géométriquement et pur création humaine, en opposition à la montagne, minéral, changeante et en relief ?
Pourquoi cette lumière « Cool day light » aveuglante, travaillée comme censée être la plus proche de celle du soleil ? Cette lumière qu’on trouve dans le monde du travail (bureau, usine, commerce), devenue interdite depuis et à travers laquelle on perçoit des images de vie.
Pourquoi ces modèles de piscines exposés comme des cercueils sur le bord des routes, comme des sépultures alors qu’ils évoquent le monde du loisir ? Les modèles en bois (plusieurs étages de bois précieux qui ont été travaillés comme des pièces d’ébénisterie) sont faits à partir des moulages plastiques et font penser aux tumuli funéraires.
Pourquoi ce plan touristique représentant la nature à l’entrée d’un parc naturel, mais qui ici montre le plan d’un réseau métropolitain ? Travailler façon marqueterie avec un bois précieux (le bois rouge est un bois exotique) et des planches de bois « préfabriquées » pour présenter une image de la nature que vous avez devant les yeux. Absurde ou bien…. ?

Et il y en avait tant d’autres à voir. J’espère vivement que cette exposition trouvera un autre lieu pour l’accueillir (si les fans de Veronica Mars ont pu le faire, il est permis de rêver) car c’est l’une des plus fortes que j’ai pu voir ces derniers mois.

 

Et comme toujours, je ne peux que vous recommander fortement d’aller faire un tour dans cette galerie, autant pour la qualité des expositions que pour l’accueil et la médiation proposée. J’ai à nouveau bénéficié d’une visite guidée et ça a été d’une grande aide pour appréhender l’exposition et source d’échanges intéressants. Il y a toujours quelqu’un sur place pour vous présenter l’exposition et toujours, avec gentillesse et simplicité. Point de discours verbeux et pseudo-intellos, on est ici pour vous faire comprendre et vous aider à « aimer » les œuvres exposées.

Ne soyez pas timorés !

N° 19 de la rue Burdeau

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Journée de la femme, du con et de la conne

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Excellente série Portlandia avec Fred Armisen et Carrie Brownstein

Depuis ce matin, je n’entends, ne lis, ne vois que ça partout : dans les médias ou les conversations. Il n’y en a que pour la Femme. Mais bon Dieu (j’en appelle à un homme, oui), c’est si génial que ça d’être une femme ?

Et être un homme, c’est comment alors ?

Alors oui, la femme elle est maltraitée dans certains pays, mal respectée quand elle l’est un peu, respectée. Mais on ne va pas parler de cet aspect éminemment plus triste.

  • Ce qui me fait hurler ce matin, c’est autant les opé marketing et com qu’ont lancé certaines boites prenant ce prétexte de joie : « Oh c’est magnifique d’être une femme alors pour vous récompenser de ça, on vous offre -10% sur votre commande ».

Merci bien !

  • Ce qui me fait hurler ce matin, c’est autant les commentaires mièvres (et mes amies ne sont pas en reste, loin de là…) sur la condition féminine : « Les copines, soyons fières d’être des femmes encore plus aujourd’hui que le reste de l’année ».

Merci bien !

  • Ce qui me fait hurler ce matin, c’est autant les articles supposément égalitaires des médias sur les « conneries qu’on ne veut plus entendre le 8 mars » et je ne vise absolument aucun média de gauche…. : « Parce qu’être une femme, c’est aussi subir ces clichés, on vous en fait une petite liste pour en remettre une couche ».

Merci bien !

Putain mais arrêtez de nous casser les ovaires là !

On a besoin de revendiquer notre organe génital comme supérieur à celui de l’homme ?

Un peu d’histoire avec Tatie Rocka :

Cette journée est d’abord la Journée Internationale des Droits de la Femme. Un truc un peu moins glam et autrement plus sérieux que la journée de la femme avec sa rose rouge obligatoire ; le bon petit mari qui couvre bobonne d’un bouquet le 14 février sera encore plus gratifié sexuellement ce soir s’il pense AUSSI à lui offrir un bouquet aujourd’hui.

Née en 1857 à l’initiative d’ouvrières revendiquant l’égalité de salaires, conditions de travail et le droit de vote, cette journée est devenue un ramassis de niaiseries et un argument commercial tout aussi vil.

L’état des lieux sur la condition féminine que ce soit dans les sociétés occidentales ou dans le reste du monde passe au second plan. Seules les associations féministes se penchent sur le sujet sans que leur travail ne soit repris par les « grands médias » qui préfèrent nous montrer « des femmes qui font un travail d’homme » (merci JP Pernaut et ta vision binaire du monde) ou « des femmes qui travaillent pour les femmes » (merci les associations d’entrepreneuses qui travaillent uniquement sur des produits conçus, créés et proposés aux femmes, pas excluant du tout, pas clivant ou « raciste » du tout).

Mais les droits, c’est pas un truc sexué à la base, non ? Non parce que si on va par là, on repart dans les vieux schémas de la race etc.

Je m’emballe un peu là mais j’en ai plein les ovaires (à nouveau, oui, ils sont bien remplis ces jours-ci) de cette distinction et ce constant « la femme est l’avenir de l’homme », conneries et cie. Si les droits de la femme ne font pas vendre, c’est bien dommage mais qu’on arrête de nous faire croire à une prétendue « admiration » pour la femme. Une journée par an, c’est marrant, hein ? Et puis quoi ? Les viols, les humiliations morales ou physiques s’arrêtent pour une journée ? Et demain, on reprend les bonnes habitudes ?

Le féminisme, c’est encore autre chose. Pas une occasion d’opposer les femmes aux hommes non plus. Mais on en reparlera parce qu’il y en a beaucoup à dire aussi sur ce sujet. En positif comme en négatif.

Mais revenons à nos Femmes :

Des connasses, il y en a autant que des connards.

Le mot dictateur s’emploie encore mieux pour une femme.

Il n’y a pas de honte ni de fierté à être homme ou femme. Voire homme ET femme. Et oui, on les oublie trop nos ami(e)s hermaphrodites. Ils/Elles ont une journée à eux ces gens-là ?

Qu’on arrête avec ça svp ! Ta gueule le 8 mars !

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Merci de votre attention.

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