HoG HoG – le festival into the wild

And we’re back !

La rentrée a sonné. On a (presque) rangé les tongs, les maillots de bain, les envies de Ricard et les souvenirs au fond du placard jusqu’à l’année prochaine. On se souvient déjà avec nostalgie de ces belles vacances. Et dire qu’on vient à peine de retrouver les copains, les collègues, la routine (apéros mais aussi factures, concerts mais aussi ménage), qu’une échappatoire se présente à nous sous la forme d’un festival en Ardèche, into the wild donc (c’est l’équipe du festival qui l’a trouvé, pas moi !).

 header-heartglassheartgold-festival-2013  

Les festivals, j’adore ça. J’en ai parlé ici (mon humble compte-rendu des Eurockéennes 2012). Il y a un esprit particulier, c’est un moment à part, une bulle de musique et de folie. On bouffe du son et des émotions pendant 2,3,4,5 jours. On relâche la pression. On rêve toujours de son propre Woodstock. On ne se douche pas, on mange de la junk food, on prend des photos débiles avec de parfait(e)s inconnu(e)s (le collectif des Gérards a pris d’assaut la moitié des festivals cet été), on fait des choses débiles aussi avec de parfait(e)s inconnu(e)s. On fait voler le peu de dignité qu’on essaie de maintenir dans la vie de tous les jours en moins de deux …

 

Quand au final, on est rattrapé par la vie et la société de consommation, assaillis par les marques qui vampirise un peu plus chaque année les festivals (oui, parce que monter un festival coûte de plus en plus cher). Merde… je me laisse emporter par un discours un peu engagé, beaucoup chiant.

Les festivals donc, j’adore.

Mais c’est un peu toujours la même chose. Du moins dans la structure.

Un grand champ (Woodstower, Weekend à St-Nolff, Les Vieilles Charrues), une presqu’île dans une réserve naturelle ou un cadre époustouflant (Les Eurockéennes et Calvi on the Rocks), un parc (Solidays, Rock en Seine, Beauregard). De la nature, chouette. OU carrément de la ville (Main Square et sur Lyon Nuits de Fourvière, L’Original Festival, les Nuits Sonores ou Les Invites). Re chouette. Mais du vu, re-vu et re-re-vu.

Et avec tous les inconvénients qui vont avec :

  • les campings et/ou lieux d’hébergement à perpèt’ dans un cadre pas forcément bucolique (grand champ bien souvent en plein cagnard)
  • les mouvements des concerts au dodo à pied, navette bus, métro (à vous de retrouver le bon moyen de transport pour chaque festival mais je vous préviens, il n’y a rien à gagner !)

 

Quand j’ai découvert le projet du Heart of Glass Heart of Gold, j’ai été sur-emballée.

Ce festival créé cette année par 3 assos lyonnaise (Génération Spontanée, Perspectives Irrationnelles et Rock Deluxe) naîtra le 20 septembre prochain à Ruoms, en pleine Ardèche sud.

Pendant 3 jours, un centre de vacances sera transformé en festival de musique ultra indie. Des concerts, une piscine, des terrains de pétanque, une discothèque, des bungalows : ambiance colo de vacances !

affiche-heartglassheartgold-festival-2013

Et moi, quand on me parle colonies de vacances, je frétille et retombe en enfance.

Et je dis, comme Pierre Perret, « merci Maman, merci Papa ».

J’ai vécu 10 ans de jolies colonies de vacances : de la Bretagne à la Grande-Bretagne, des Landes à la montagne. Des vacances sans les parents, avec des gamins de mon âge et des monos pas beaucoup plus vieux et sages, à faire les cons, à devenir les meilleurs amis du monde, à se bécoter, à faire la fête plus ou moins sagement. À expérimenter, à vivre des premières fois, à sortir de la routine annuelle école-sport-copines-famille.

Et c’est un peu un rêve de gamine que de retrouver l’esprit colo couplé avec mon kif d’adulte, l’esprit festival. Vous voyez un peu l’excitation ?

 

Le rêve un peu fou d’un collectif de monter de toutes pièces un festival en ces temps moroses pour la culture.

La programmation de 25 noms est pointue, très même. Couillus, les mecs.

De la musique indie et weirdo (bizarroïde quoi), c’est comme ça que se définit la prog. Rock, pop, electro et weirdo pour les trucs trop inclassables ou trop transversaux.

 

Pour tout dire, je ne connais que 10% des artistes programmés mais j’y vais les yeux presque fermés. Parce que, parmi les architectes du festival, on trouve Jean-Marie Sevain, le programmateur du festival électro Pantiero de Nice (qui est sur ma liste rêvée) et qui fait partie de l’excellente association Génération Spontanée qui a fait pleurer de bonheur mes yeux et mes oreilles cette saison 2012/2013. Programmateur depuis 2011 de tant de bons concerts dans différentes salles à Lyon, rien que pour ces derniers mois : Lescop, Willy Moon, Fauve, Eugene McGuinness, Klub des Loosers, The Strange Boys, La Femme, Alt J, etc.

 

Allez hop, le teaser officiel avec musique de Piano Chat (avouez que c’est l’un des plus beaux noms de groupe qui puisse exister au monde, non ?)

Ce festival est un peu un produit culturel à part. Je parle de produit culturel, puisqu’aujourd’hui le concert est un produit culturel à part entière and so the festival is. Sauf que ce festival est un OVNI.

Jugez plutôt :

  • Le nom : on ne peut pas faire un nom plus long, plus compliqué (en anglais et avec une répétition de mots et de sons) et si peu évocateur pour le grand public. Mais si joli. Ah si, tiens, ce sont les paroles de 2 chansons de Blondie et Neil Young. Mais c’est un festival sponsorisé RTL2 ? 🙂 Et à part ça ? Ok, next.
  • La date : du 20 au 22 septembre quand la rentrée a bien sonné et que les fans de musique ont regagné les salles de concerts. Et alors que les dates sont du vendredi au dimanche, les concerts se termineront le dimanche au lever du soleil pour laisser tranquillement le temps aux festivaliers de se reposer, de plier les gaules sans courir et de repartir chez eux pour arriver à la maison en fin de journée, avant le film du dimanche soir. Et hop, t’es frais comme un gardon lundi matin au bureau mais avec des coups de soleil et des souvenirs plein la tête et de quoi se la raconter à la machine à café.
  • Le lieu : Rdv à Ruoms, le fin fond de l’Ardèche. Pour un festival indie, vous avouerez qu’on a trouvé plus pertinent. Pour un festival de ragga/dub/psychotrance/techno/folk/americana, je ne dis pas mais pour un festival d’électro/pop/rock indé… Dans un cadre bucolique et montagnard, pas loin des gorges de la rivière Ardèche, le pied.
  • Le lieu (bis) : dans un centre de vacances. What the fuck, n’est-ce pas ? Des bungalows pour les festivaliers mais aussi pour les artistes, les équipes techniques et les organisateurs du festival. Pour pousser la convivialité au maximum. Imaginez, vous faites la queue à la cantoche avec la chanteuse d’Au Revoir Simone (un joli brin de fille), vous faites une partie de volley avec les Aline. En toute simplicité. Dans l’esprit du ATP ou All Tomorrow Parties Festival , festival anglais qui a, le premier, eu la bonne idée de rassembler dans le même lieu artistes et festivaliers.
  • L’esprit : toutes ces données mêlées à une affiche de joli goût (ce contraste entre cette épure volontaire par une absence de photo et la présence de beaucoup de texte, cette police, ce doré soleil, ces deux jolis cœurs simples, frais), une com’ raisonnée car pas étalée partout, de la chaleur, convivialité, simplicité, bon enfantisme (oui oui, ça n’existe pas mais ce festival est un OVNI alors j’ai le droit).

 

Bon, mais qu’est-ce qu’on y écoutera alors durant ces 2 jours de concerts ?

AU REVOIR SIMONE  //  COLD PUMAS  //  FAIRMONT  //  GRAMME  //  LA DAME NOIR  //  PEGASE  //  RAH RAH  //  SUMMER CAMP  //  ZOMBIE ZOMBIE  //  ACTION BEAT  //  ALINE  //  ARNAUD REBOTINI  //  CAMERA  //  COMMANDANT KOKO  //  CONNAN MOCKASIN  //  EFTERKLANG  //  ETIENNE JAUMET //  FUCK BUTTONS  //  I.R.O.K.

 

Là, je vais la jouer feignasse, pardon, partageuse : allez voir la sélection sympathique et l’article bien détaillé de l’ami Woo cares qui est bien aimable de vous présenter par le menu ce festival. Allez également écouter le petit mix composé à l’occasion sur The Drone.

Perso, je brûle de me bouger mon popotin sur la pop yéyé-sucré d’Au Revoir Simone, de voir Motorama et son rock indé-prog-crasse, Arnaud Rebotini pour un set electro-hard, de guincher avec Aline (j’en parlais précédemment) comme quand j’étais ado fan des Smiths, de voir Zombie Zombie et Etienne Jaumet (sur 2 sets différents bien qu’Etienne Jaumet soit l’un des fondateurs de ZZ) et leur electro jazz-psyché, et de découvrir tout le reste.

Et comme un festival aujourd’hui est bien plus qu’une scène et des fans (produit culturel, coco), on y fera de beau aussi :

  • un tournoi de pétanque
  • une séance piscine
  • une compèt’ de pom pom girls
  • un Pop up store : le Summer Camp organisé par le Pop Up Market
  • un karaoke (to Qyrool : pas de Carlos ou de Pierre Perret pour l’occas, quoique …)
  • un tournoi de foot
  • un tournoi de basket

popup300-summercamp-hoghog-2013

EN PLUS de tout ça, l’OVNI qui débarque frais comme un bisounours dans le dur monde des festival où la crise économique (baisse des financements voire retrait de partenaires sponsors sur certains festivals) le dispute à la crise du disque (inflation des cachets des artistes pour compenser la chute des ventes de disques), HOG HOG se rajoute une difficulté supplémentaire en voulant s’inscrire dans un projet durable, bien évidemment car le montage d’un festival coûte trop cher pour se limiter à un one shot, mais dans un projet développement durable (attention, minute green).

Dans un tel cadre, le respect s’impose bien évidemment, mais c’est aussi tellement d’actualité que les organisateurs ont pris les devants et n’y vont pas de main morte (voyez leur page à ce sujet, ça ne plaisante pas). Une charte, un ingénieur spécialisé dans le dév. dur. comme on dit, des tas d’outils et de mesure ont été mis en place pour limiter l’impact sur l’environnement :

  • plateforme de covoiturage sur le site et la page groupe facebook pour les festivaliers
  • circuit court et bio privilégié au maximum pour la nourriture proposée
  • gestion et tri des déchets avec poubelles, cendriers et stand de sensibilisation sur place

Ok j’arrête ! Vous avez compris l’idée.

Et le prix alors ?

Le prix du pass comprend les 2 jours de festival et l’hébergement en bungalow. Parce qu’on a le droit au confort quand on est festivalier, parce que les fans de musique vieillissent et deviennent des parents et que le festival est kids friendly.

Rapport qualité/prix imbattable : de 98€ à 115€ le pass suivant le type de bungalow (4,6 ou 8 lits)

Il y a également des pass pour les Rémy sans famille : le pass 2 jours et un lit dans un bungalove. Ça ressemble à une partie fine avec Berlusconi mais promis, ce sera chaste, du moins la nuit car c’est en version dortoir. Pour la journée, si vous êtes majeur et vacciné, vous avez toute latitude parce que le HOG HOG, c’est un peu les vacances prolongées.

=> Pass à 97,50€.

Et pour ceux qui ne veulent venir qu’une journée (prix ne comprenant pas de logement), il y a aussi des « billets secs ». La soirée du vendredi est à 28€ et celle du samedi à 35€.

Alors ? Tentés par l’expérience HoG HoG ? On repart en vacances le temps d’un weekend ? 

6 réflexions sur “HoG HoG – le festival into the wild

  1. Tout d’abord, j’adore ton billet ! Bien documenté, drôle, complet et coooool ! Ensutie pour le festival, j’ai déjà lu l’article d’Anthony et il est vrai que ça donne vachement envie d’y aller, surtout en effet ce côté colonie de vacances (j’ai été aussi une grande adepte, comme toi) !
    Mais la programmation me fait un peu freiner. Il faut dire que je connais 0% des artistes et à moins que quelqu’un me conseille vraiment d’aller les découvrir, je ne suis pas trop emballée car peur d’être déçue, étant donné le prix en plus. Et puis, ok, on a envie de s’échapper into the wild en cette rentrée morose comme tu dis, encore faut-il avoir du temps et s’organiser niveau logistique ! Pas facile ! Tu nous feras un compte-rendu ?
    Merciiii.

    • Merci Rosa ! Pour la prog, je comprends ton appréhension. J’ai écouté quelques trucs par ci par là et je me laisse la surprise. Je fais confiance à l’équipe que je suis depuis plusieurs mois dans ses choix dans les salles lyonnaises. Après je peux entendre que c’est pas simple. Au niveau du prix, c’est hyper compétitif par rapport à d’autres festivals, sachant que tu n’es pas en mode tente Quechua 2′ et junk food.
      Compte-rendu, pourquoi pas ? 😉

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