Rue Burdeau, part I – galeries et expos du moment

Régulièrement, je me prends un shot de culture : j’enchaîne les galeries lyonnaises façon barathon anglais. Évidemment, je la joue feignasse à l’anglaise : toutes les galeries d’une rue y passent. Et pas n’importe quelle rue : la rue Burdeau dans le 1er ardt.
Celle qui concentre le plus de galeries au m2 à Lyon.
Je vous embarque dans mon trip ?

Vu dernièrement 2 expos qui m’ont plu et ô surprise, elles étaient présentées dans 2 galeries qui me plaisent aussi. Comme quoi. Quoi ? Rien.

Arièle Bonzon, Incertitudes, 2010-2013 / Yves Rozet, Figures déliées sur un fond sans fond, 2002-2010 – Le Réverbère

Pas grand chose à dire sur ces deux expositions sinon que j’ai préféré celle d’Yves Rozet.
Arièle Bonzon, une femme qui travaille les matières, les formats, le grain, demande à l’oeil du visiteur de se concentrer sur le détail, plus que sur l’ensemble.
Yves Rozet, un homme qui travaille les correspondances. Il compose des diptyques voire triptyques sur des atmosphères, des couleurs, des figures, des tonalités, des thèmatiques.

Pour Yves Rozet, le cartel de présentation dit pourtant en substance tout l’inverse :
Le “blanc” de l’intervalle entre les images agit comme lieu de passage entre ces fragments qui ne se complètent pas, entre ces puzzles impossibles où rien ne semble s’imbriquer, avec la volonté de ne pas livrer une image unique qui serait censée contenir la totalité d’une expérience.

Moi, j’ai ressenti justement cette correspondance. Je suis tombée à côté de la plaque ? Alors tant pis. L’artiste ne maîtrise pas (toujours) le message qu’il délivre et ça ne fait pas de son travail un échec.

Encore des photos bien pourries avec iPhone mais à l’appareil photo, le rendu ne serait pas beaucoup moins. Il ne vous reste plus qu’à y aller. Non mais.

 

 

N° 38 de la rue Burdeau

Le Réverbère – Exposition jusqu’au 23 avril

 

L’archéologie du futur – 360m3

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L’expo d’un collectif : Noémie Monier, commissaire d’exposition, et Antoine Sansonetti, artiste plasticien

L’expo vient tout juste de se terminer et c’est bien dommage. Mais quand même, j’ai envie d’en parler et d’en montrer. Parce que j’ai vu des œuvres plastiques, bien pensées et même très esthétiques et un propos hyper malin.

Montrer les objets du présent comme les découvrirait un archéologue du futur. Prendre du recul pour s’interroger sur les questions qu’il se poserait face à ces vestiges d’un ancien monde. Un monde urbain, qui a transformé la nature, l’a neutralisé pour en proposer une autre, nouvelle mais artificielle. Qu’y a t-il donc dans nos têtes d’hommes modernes ?

Pourquoi ce paysage de montagne fait de parpaings, élément « statique », rigoureux géométriquement et pur création humaine, en opposition à la montagne, minéral, changeante et en relief ?
Pourquoi cette lumière « Cool day light » aveuglante, travaillée comme censée être la plus proche de celle du soleil ? Cette lumière qu’on trouve dans le monde du travail (bureau, usine, commerce), devenue interdite depuis et à travers laquelle on perçoit des images de vie.
Pourquoi ces modèles de piscines exposés comme des cercueils sur le bord des routes, comme des sépultures alors qu’ils évoquent le monde du loisir ? Les modèles en bois (plusieurs étages de bois précieux qui ont été travaillés comme des pièces d’ébénisterie) sont faits à partir des moulages plastiques et font penser aux tumuli funéraires.
Pourquoi ce plan touristique représentant la nature à l’entrée d’un parc naturel, mais qui ici montre le plan d’un réseau métropolitain ? Travailler façon marqueterie avec un bois précieux (le bois rouge est un bois exotique) et des planches de bois « préfabriquées » pour présenter une image de la nature que vous avez devant les yeux. Absurde ou bien…. ?

Et il y en avait tant d’autres à voir. J’espère vivement que cette exposition trouvera un autre lieu pour l’accueillir (si les fans de Veronica Mars ont pu le faire, il est permis de rêver) car c’est l’une des plus fortes que j’ai pu voir ces derniers mois.

 

 

Et comme toujours, je ne peux que vous recommander fortement d’aller faire un tour dans cette galerie, autant pour la qualité des expositions que pour l’accueil et la médiation proposée. J’ai à nouveau bénéficié d’une visite guidée et ça a été d’une grande aide pour appréhender l’exposition et source d’échanges intéressants. Il y a toujours quelqu’un sur place pour vous présenter l’exposition et toujours, avec gentillesse et simplicité. Point de discours verbeux et pseudo-intellos, on est ici pour vous faire comprendre et vous aider à « aimer » les œuvres exposées.

Ne soyez pas timorés !

N° 19 de la rue Burdeau

360m3

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