Une fille à dilemmes mais sans mystères

Bon, à présent qu’on n’est pas morts, on peut reprendre le cours de notre vie. Et retrouver nos soucis. Paf pour la touche « verre à moitié plein » (dans mon cas, le verre était un peu trop plein hier soir mais bon…. !

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Mystère mystère.

Pas l’horrible dessert glacé des mauvaises pizzerias ou des mauvais restos asiatiques.

 

Pas non plus cette horreur télévisée présentée par Alexandre Baloud sur TF1

Mystère, ce truc qui donne envie. Qui envoûte. Qui séduit. Qui appelle à plus de découvertes.

Je ne sais pas ce que c’est. Je n’ai pas une once de mystère. Je suis crue. Crue, comme de la viande. Crue, comme une charretière.

 

Je ne parle pas de tenue un brin trop suggestive, un peu trop vulgaire. De ce côté, j’ai quitté mes 16 ans avec grand bonheur. Je maîtrise mes 35 ans et les quelques préceptes mode de ma chère manman (pas plus de 3 couleurs / tu te maquilles les yeux OU la bouche, pas les deux / pas de court en haut si court en bas etc. J’en ai bien d’autres en stock). Pour ça, je remercie autant manman que les magazines de pouf et la sagesse. Big up la vieillesse !

 

Non, je parle de mon langage.

En matière de séduction, je dis ce que je pense. Tout. Tout de suite. Ou très vite. Pour que les choses soient claires. Et vite fait. Que je les expulse de mon cerveau, qu’elles fassent leur vie et qu’ensuite, le mec les chope ou pas, c’est pas vraiment mon problème. Bon, un peu quand même, hein.

Le discours ne sera pas forcément avec les mots les plus directs mais dans l’entre-deux, le stade après les sous-entendus et avant la proposition indécente.

 

Et pourtant, les allusions, les sous-entendus, je maîtrise à un niveau professionnel. Dès que la tension sensuelle est là, mon cerveau ne pense plus qu’en terme de séduction verbale.

 

Mais il a suffit d’un pas, le pas de trop, le pas de côté, du côté de la falaise pour que je bascule.

Je suis devenue une camionneuse. Une meuf à gros bras tatoués qui rote, se gratte les ovaires et éructe comme un vieux loup de mer.
Nom d’une pute en bois, j’ai changé.

Et pute borgne (pas la même heureusement), je ne sais pas comment faire machine arrière !

 

On me dit que je mange les gens, que je ne laisse plus d’air, que j’effraie. Je m’auto-saoûle moi aussi, je vous rassure. Je me fais l’effet de ressembler au pire dragueur beauf de base.

 

C’est devenu comme une maladie. Je ne me contrôle plus.

Phase 1 de la maladie :

Des « putain », « merde » « chatte » sortent à la chaîne. En signes de ponctuation, aussi. En pleine conversation plutôt « distinguée », je fais tomber un Curly et bâm, la diarrhée verbale :

« Putain de merde ! Fais chier mon Curly !»

Ou la Tourettomania

Et puis, il y a le deuxième effet. Tout ce que je dis prend toujours un atour sexuel. Le moindre mot ou expression passe par le filtre sexuel avant d’atterrir à mon cerveau et ressort renforcé dans sa teneur graveleuse. Je ne dis pas tout mais tout ce que j’aspire est gorgé de sens sexuel.

 

Bon, ça c’est déjà pas très facile à vivre dans la vie de tous les jours. Chez le gynéco, au supermarché, au téléphone avec ma manman. Se contenir.
Au boulot, ça pourrait aussi être très périlleux. Sauf que ma boss est du genre fan de tuning, ultra-OL et carrossée comme un bonhomme (avec une coupe/couleur de cheveux de coiffeuse de Châteaudun avé les mèches blondes sur un gris cendré déjà bien cochon, mais bon, passons…). Alors quand un presta l’enquiquine, ben elle le lui dit, avec son débit mitraillette et son accent bien gône. « J’vais y dire au gars qu’y commence à me les casser là avec ses conditions à la con ». Hum….

Vraiment distinguée ouich… Je me mords les joues pour ne pas rire à gorge déployée.

 

Phase 2 de la maladie :

C’est avec les copaings (et les potentiels cibles) qu’elle s’opère.

Avec les copaings, c’est encore là que c’est le plus drôle. Une sorte de partouze verbale. On s’envoie des gros mots à tout va et les blagues les plus crades à la gueule. Un concours digne de Miss France donc. Ça fait rire les oiseaux, les copaings, je fais ma kakou et tout le monde passe un bon moment.

 

Mais c’est quand vient le temps où la petite Rocka, être vulgaire mais doté aussi de sensibilité et de sentiments, veut compter fleurette que la maladie devient vraiment gênante.

 

Les travaux d’Hercule commencent.

Ravaler les cochonneries pour être adorable. À défaut d’être adoptable. Non, je n’ai pas de compte sur ce supermarché (j’en eus un par le passé, je le concède).

Faire briller sa bouche avec autant du gloss que du Larousse et du Bescherelle.

 

Sauf que 5min passent et ça dérape.

Pas moyen de rester concentrée. Surtout si la cible est jolie, intéressante et semble intéressée. Et c’est pas toujours donné ça non plus …

Je joue de l’humour mais le plus grossier. Pas moyen de sortir une seule blague un peu simple, spirituelle, passe-partout. Non, il faut que je joue la Bigard de service…

 

Et puis, pour faire encore plus ridicule, une certaine discordance apparaît entre les mots et les actes.

Les mots, je maîtrise. Les plus jolis comme les plus moches. Sauf que, quand il faut passer aux actes, montrer physiquement l’intérêt au petit poisson ferré, la Rocka fait pschittt ! Le Capitaine quitte le navire. Plus personne à bord. Tout le paradoxe réside là dedans. Dans la fleur bleue qui déverse du caca de sa bouche. La jolie fleur qui pue le vomi.
Je n’irais pas jusqu’à m’en plaindre de ce paradoxe. Je suis déjà assez bourrin comme ça avec les mots, si en plus, à ça on ajoute les actes, v’là que je te viole le premier garçon venu…. Et c’est pas plus mal cet écart de comportement, parce que j’ai envie de continuer à vivre à l’air libre, sans passer par la case savonnette in the shower comme protégée/pute de Mimi la Tronche.

N’empêche, ça creuse les choses. Ça accentue.

Donc, question physique, on n’est à peu près bon. Pas trop de fiches à faire. Limite un peu trop timorée mais ça, ça se soigne bien.

 

Non, le vrai souci, c’est bien cette sauvagerie orale.
Alors à l’heure du bilan de fin d’année, je tente un truc de ouf : et si je devenais une lady ?

J’en appelle à mes gentils lecteurs pour me donner leurs petits trucs en matière de séduction et surtout, DE MYSTERE !

 

Quoi dire ? Quoi ne pas dire ?

C’est une vraie question, en même temps qu’une confession.

 

The Dog days are over. Je sais, les paroles de la chanson n’ont rien à voir avec le sujet ci-dessus. Mais pour moi, ça veut dire, qu’on rentre les chiens. À la niche. Et ne sortez que quand on vous le dira les médors. Au pieu, quoi.

 

Attention, ce post très intime ne signifie pas le bannissement ou l’arrêt de mort de tout gros mot dans le périmètre de cet espace de parole. J’aimerais juste reprendre contrôle de certaines parties de mon corps.

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2 réflexions sur “Une fille à dilemmes mais sans mystères

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