Pourquoi je me fous à poil ici et pourquoi j’aime ça

Article totalement inutile pour votre culture personnelle, ne contenant ni concours, ni information de première catégorie sur un quelconque sujet. Vous êtes prévenus.

Chacun blog est né pour une raison propre. Chaque bloggueur a trouvé en lui-même une raison pour ouvrir son petit espace intérieur et l’exposer dans le grand champ virtuel. Chaque raison est honorable ? Y-a-t-il matière à juger ? Je suis dépourvue de réponses pour l’une comme pour l’autre de ces questions.

 

Tout ce que je sais, c’est pourquoi moi, je suis venue parler ici. Parler à mon ordinateur, puis à des amis et ensuite des inconnus, particuliers. Ne nous leurrons pas, vous et moi, ici, il y a eu des apparitions de non-gens, de sociétés. L’invitation turinoise était tout sauf un weekend coup de tête avec 2 copains pour échapper au quotidien. Quoique…

Mais comme j’en parlais récemment tard dans la nuit avec une fine bloggueuse suite à l’un de ses articles qui m’avait interpellé et ému (l’objet de tant de réactions émotionnelles est ), le cœur, l’honnêteté et l’humilité il n’y a que ça de vrai. Et puis, surtout, comme elle le dit, rester intègre avec soi-même. Savoir s’arrêter quand on se perd, au mépris des offres alléchantes. Parce que des diables pour vous offrir un pacte à la Dante, il y en a à tous les coins de rue.

 

Mais d’ailleurs, puisque je ne prétends pas répondre à pourquoi se « vendre », peut-être pourrais-je répondre à la question suivante : pour qui se « vendre »? Dans ce « vendre », j’entends, écrire. N’en soyez pas offusqués. On sait tous que la toile, c’est aussi un showroom personnel. Comme dans la vie.

Et là, je me rappelle de cette table ronde qui aura lieu prochainement lors d’un apéroblog organisé par Lyon CityCrunch.

Le thème : « Pour qui écrit-on ? Pour soi, pour ses lecteurs, pour Google ? ».

 

Si je prends ma petite personne, pardon pour ce relent d’autocentrisme :

  • Pour moi : c’est évident. Vous le voyez, le lisez. Le clavier a remplacé le crayon. Ça a pris du temps mais je suis revenue à cet étalage de sentiments, de découvertes, de questionnements. Avec un gros voile de retenue mais pas de pudeur. Du « je » à tout va, et vas-y que je m’auto-cite, m’auto-célèbre, m’auto-descende, m’auto-saoûle quoi. Je ne dis pas tout mais parfois, je me dis que j’en dis trop. Ma maman pourrait facilement me retrouver avec une once d’imagination. Heureusement, elle est restée scotchée sur les ppt avec photos de petits chats ou de paysages avec citations new age sur fond musical d’André Rieu. Alors, je donne des atours un peu différents à la vérité présentée ici. Je ne vous la fais pas : un peu plus de rose quand c’est gris, un peu plus de rouge sang quand ça n’est qu’orangé.
  • Pour mes lecteurs : alors là, c’est drôle. D’abord parce que j’avais à l’origine décidé d’écrire dans mon coin, sans alerter personne. Pour différentes raisons. Parce qu’assumer, c’est chiant. Enfin…c’est surtout compliqué. Et puis, comme je suis tout le contraire d’une fille claire et que le dilemme n’a pas atterri ici par l’opération du Saint-Esprit, je suis une bavarde patentée et j’ai semé plus ou moins consciemment, plus ou moins volontairement quelques indices de ci de là. Et ça n’a pas raté. Moins de 10 jours après avoir ouvert la boutique, une amie me lance un gros clin d’oeil entendu : « Dis donc, tu n’aurais pas ouvert un blog par hasard ? ». Et là, c’est l’enchaînement, la ville entière apprend la nouvelle. Oui, enfin… Non, évidemment. Bref. Vous m’avez compris. Les choses sont devenues plus simples. Même si je rougis encore quand on me dit « Tu as un blog ? De quoi ? ». La suite donc, c’est devenu plus compliqué pour moi. Mes amis, que j’aime et à qui je distribuerais des mallettes bourrées de biftons pour les remercier d’être eux, ont commencé à me suivre. Et là, paralysie. J’avais fait péter le soutif avec l’ouverture du blog mais là, ce « public » que je connais, devant moi, hum… Allons-y, continuons, ouvrons le pantalon. En douceur et en totale assurance. S’ils sont choqués, la pudeur amicale fera qu’on n’en parlera pas. Parce que de toutes façons, je ne suis pas du genre à les harceler au téléphone dès le café du matin « Tu as lu mon dernier article ? ».Et puis, d’autres gens, des inconnus sont arrivés. Par je ne sais quel heureux hasard. Ah si, je me doute. Un article avec les tags « sexe » ou « porno » et l’affaire était pliée. Ils ont regardé, certains sont revenus, d’autres non. Et je reste toujours étonnée que des gens viennent ici. Parmi la foule de blogs intéressants-drôles-esthétiques-informatifs. Venir lire le journal intime d’une nana pas forcément intéressante-drôle-esthétique-informative. Oui, bon, je ne me flagelle pas là. Je dis juste que la fille moyenne que je suis au regard du monde est ébaudie de cette marque d’intérêt de la part d’inconnus.
  • Alors voilà, les lecteurs, ils sont de ces deux types : proches et lointains.Mais alors, qu’écrire pour ces gens ? Continuer à raconter mes « pérégrinations » si fantastiques. Ah ah. Oui, vous l’avez senti le second degré. Partager des trucs qui me font vibrer. Et pas que sexuellement hein. Oui, j’ai senti votre saillie. Oui, vous l’avez senti ma répartie. On peut continuer comme ça très longtemps. Je ne brandis pas le poing haut pour la liberté d’informer à tout prix. Je n’ai pas de carte de presse, comme aucun bloggueur alors on se calme et on boit de l’eau fraîche à St-Tropez. On ne fait que proposer sur son blog. On n’a pas à se déplacer impérativement à cet événement parce que notre « lectorat » doit savoir, est en attente. Bullshit. J’écris sur tel truc parce que ça me plait ou pas, pas parce que le « lectorat » doit savoir. Et je ne réfléchis pas en terme de régularité, autant pour moi que pour le « lectorat ». Non, je ne sais pas ce qu’est une agence de com, ni même ce qu’il faut faire pour rentrer dans les fichiers et le nombre d’articles à produire chaque semaine pour conserver sa place dans ce fichier. À vrai dire, je saurais tout ça, j’en n’aurais rien à foutre. Rien. Si vous saviez à combien se monte mon « lectorat », vous ririez de l’utilisation de ce mot ici 🙂 Aucune plainte là-dessous.Et si l’exposé que je fais de telle exposition, tel concert vous fait chier, pour sûr, il y a d’autres médias pour en savoir plus : des plus officiels et/ou professionnels, des plus rationnels et/ou intellectuels et/ou personnels. Ne nous leurrons pas.
  • Pour Google : là je ne comprends pas.
    Quand on m’a proposé de partir à Turin, j’ai beaucoup hésité. Pourquoi moi ? Quelle légitimité ? Qu’est-ce que ça va engendrer ? Je suis piégée, c’en est fini de mon intégrité, de ma liberté de penser, Pagny au secours ! Et puis, les copains bloggueurs m’ont rassuré, décomplexé et balancé du « De toutes façons, personne ne prendra jamais au sérieux une meuf comme toi alors qu’est-ce t’en n’as n’à foutre ? » et du « Ouais, pis à part nous, personne ne le lit ton foutu blog ! ». C’était l’argument qu’il me fallait entendre pour arrêter de me bouffer les doigts de culpabilité, pression et autres conneries métaphysiques. Avec des rires et une bonne bière blanche, ça a calmé mon esprit. Je ne fais pas la fine bouche ni l’ayatollah. Je ne suis pas fermée au fait que des bloggueurs profitent de ce type d’avantages. De là à ce qu’un blog ne fonctionne que sur ce type de… Le mot ne me vient pas. Bref. Et finalement, j’ai expiré par le ventre et je suis un peu plus cool sur ce sujet. Et je ne suis plus farouchement opposée. Je suis juste très méfiante quant aux bloggueurs chasseurs. De la même espèce que les chasseurs de concours selon moi. Mais chacun fait ce qui lui plait.

C’est le petit poke à Marjorie et son « juste une mise en point ».

Quant à l’histoire de Google et des référencements, j’avoue n’y rien comprendre et n’y prêter aucune attention. Point. Tout ça pour ça, me direz-vous ! Oui. Désolée. J’aime parler, vous vous en êtes rendus compte. Si vous n’aimez pas ça, allez vous faire foutre !

Tout ça, tout ça, pour quoi ? Pour en venir où ?

J’avoue avoir perdu le fil. Je crois que j’avais besoin de dire « je suis faible, je suis simple, je suis ». Tout n’est pas ici, il me reste ma culotte finalement, mais pour combien de temps… Je n’ai pas tout montré mais beaucoup, trop parfois. C’est ma façon à moi de dire, de passer des messages. Pas malin pour certains. On fait avec ce qu’on a. C’est un journal intime quoi.

Et je n’ai pas répondu aux deux premières questions.

Pourquoi je me dépoile ici ?

Pourquoi j’aime ça ?

Pourquoi je me dépoile ici ? Je suis un peu exhib question sentiments, question corps, question cul. J’aime bien aussi faire marrer la galerie, sur mon compte principalement. J’aime bien aussi me donner en spectacle, faire ma bravache. Des relents punks de ma jeunesse bourgeoise. Ah ah.

Pourquoi j’aime ça ? Parce que tout ça quoi. Parce que j’aime bien que les gens sachent qui je suis. Ça m’évite de m’excuser quand je fais des conneries. Joke. Parce que j’ai besoin d’amour comme tout le monde. Voilà, c’est dit et re-dit.

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23 réflexions sur “Pourquoi je me fous à poil ici et pourquoi j’aime ça

  1. Un blog c’est d’abord pour soi, et après pour les autres, si il y en a que ça intéresse.
    Ça permet de se créer un monde sans ressentir le besoin de partir en Patagonie. Comme ça on peut toujours profiter de ses amis.
    Pour moi, c’est aussi un moyen de provoquer le dialogue, un terrain d’échange d’idées.
    « ça m’évite de m’excuser quand je fais des conneries »: j’adore l’idée.

    • Merci papatissier et bienvenue sur ce blog !
      On est d’accord, un blog c’est d’abord pour se lâcher et se regarder le nombrilou, sans emmerder ses amis.
      J’aime bien aussi balancer mes avis très/trop tranchés et me prendre une salve de « cocotte, je vais t’apprendre la vie ». C’est rafraîchissant, ça permet de ne pas rester sur soi.

      Et pour les conneries, bah oui quoi !

  2. C’est une vraie question : pour qui écrit-on ? Je serais moins catégorique que Papatissier, on écrit pour soi certes, mais peut-être pas en premier. Sinon, on ne mettrais pas de belles photos, un joli thème sur son blog, voire on ne paierais pas pour avoir un « vrai » nom de domaine….
    On écrit forcément pour un public, même si c’est vrai que c’est assez flou qui nous lit : nos amis proches ? Même pas si sûr … Notre famille ? sûrement pas, en général on ne leur dit même pas…. Des inconnus ? Oui, mais l’intérêt est limité s’il n’y a pas d’interraction… Bref, c’est une vraie question.
    Et tu continues, hein ?

    • En premier lieu, si, je pense. Tu commences tout seul dans ton coin, pour voir, sans trop faire gaffe à la présentation, sans en parler, pour savoir si ça va te plaire à TOI d’écrire. Pas d’intérêt d’en faire un patacaisse si tu t’arrêtes au bout de deux articles. Les photos, c’est du contenu, ça fait partie de l’information du billet, donc c’est tout à fait légitime, et j’aime bien être distrait par des images. Pour le thème j’avoue que moi-même je n’en ai pas encore trouvé un qui ME plait. Pour le nom de domaine et la version sans pub, j’attends de voir si JE continue de publier.
      C’est après que l’égo rentre en jeu, avec les stats qui augmentent et chutent, le fait que quand même, on aimerai bien plaire à un grand nombre de personnes. Et enfin, si tu donnes tout sans recevoir, la motivation peut se faire volage… A moins que tu n’écrive toujours que pour toi, pour des raisons qui peuvent être diverses.
      Les commentaires font vivre un blog, et pas seulement pour être mieux référencé.

      • C’est vrai que je n’ai pas du tout abordé la relation au lecteur. Dans un sens comme dans l’autre.
        L’interaction, c’est évidemment vachement plus sympa. Maintenant, je préfère l’absence d’interaction quand le sujet n’en appelle pas, plutôt que de chercher constamment à faire réagir les gens. Je ne vais pas suçoter les pieds des gens pour un commentaire. Pas de ça chez moi Monsieur !

        Quant à l’ego, bah il me les brise sévère. Oui, parfois ça saoûle de constater que des articles pondus en 5-6h, qu’on estime chiadés, n’ont pas le retour escompté. Le public est un connard. Le public est un ingrat. Mais c’est le public 🙂
        Mais dans l’ensemble, j’écris pour évacuer, pour que ça ne reste pas là-haut, perché, jusque ça explose. C’est d’intérêt psycho-médical ce blog.

      • Si c’est pour écrire juste pour soi, pas la peine de le mettre sur internet. Un bon vieux cahier ou un fichier word ça suffit bien. Si on le met sur internet, c’est quand même avec le secret espoir que quelqu’un le lise 🙂
        Entièrement d’accord pour les commentaires, et clairement pas pour les stats, mais pour l’interaction avec le lecteur

  3. Eh bien moi j’ai bien aimé ton article, tu as ce ton décalé de la fille juste assez rebelle pour ne pas être banale, sans les fautes d’orthographe et ça c’est du luxe ;o)
    Je me reconnais bien dans tes mots!
    Je remets souvent en question mon striptease blogo… Quel besoin j’ai d’écrire mon blog? Je pourrais en effet avoir un beau journal intime…. Il y a forcément un besoin de reconnaissance, un besoin d’être un peu aimé… Parfois je me fais honte d’être comme ça nombriliste ;o))

    • Hello Marie, merci de ton commentaire et bienvenue sur le blog !
      Merci de tes compliments et oui, il faut toujours se remettre en question. Parce que le nombril, c’est bien mignon mais parfois il prend la place d’un peu tout le reste 😉

    • Bonjour Agone, merci de ton commentaire et bienvenue sur le blog. Je ne crois vraiment pas que cet article va faire péter ma côte de popularité. Si encore, j’avais mis une photo de ma petite culotte, je ne dis pas… 😉

        • Mais bouchon, quel intérêt aurais-je à dire « j’ai posé pour les culottes » et ne pas le montrer ? De la frustration aussi pour les lecteurs et du racolage encore pire que cet article ! 🙂

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