Eurockéennes 2012 – ma cuvée

Mes amis,

j’en suis revenue repue, fourbue, déçue mais j’en suis revenue. Près de 3 jours qui m’ont fatigué, excité, comblé, frustré.

Mais c’est presque déjà loin. Alors, je serais brève.

eurocks1

J’ai vécu « la cuisson et la mousson » pour reprendre le meilleur mot de Clémentine dans son bréviaire pour un festival heureux (imprimez cet article pour vos festivals à venir cet été et pour les 20 ans à venir, il est précieux !).

Comme à chaque festival, j’ai plongé dedans la tête la première avec passion et émotion, comme si c’était à la fois ma première et ma dernière fois.

De belles découvertes, le retour dans l’écosystème « festival » (au passage, toujours ce foutu gap générationnel qui ne fait que s’aggraver à mesure que l’on avance !), des chouettes rencontres etc.

Autant le dire tout de suite je l’ai joué petits bras pour cette cuvée. Le mauvais temps a eu raison de ma volonté et de mes pieds enrhumés par un déluge. Oui, il a fallu m’y résoudre, je n’ai presque plus l’âge de ces conneries…. Je dis presque, au cas où l’an prochain je sois à nouveau trop faible pour dire non.

Sans plus attendre un résumé rapide et quelques photos (trop peu à mon goût mais je ne suis ni photographe accréditée ni papparrazo) des concerts de ce festival 2012 ridiculement court du coup (seulement 2 jours, eux-mêmes cruellement raccourcis par une météo capricieuse).

VENDREDI, j’ai mon lot de belles surprises :

  • Je pensais ne pas être trop fan de reggae : je me laisse emporter par Gentleman, groupe allemand (c’est bien connu, le reggae vient de la saucisse et des bretzels…).
  • Je pensais accrocher à l’ovni Hank Williams III (petit-fils de Senior, fils de Junior) avec son genre hybride country-metal : je prends peur face aux costumes légèrement flippants du chanteur et de son guitariste. Des chapeaux de cowboys, des masques, des carapaces : Ironman qui aurait partouzé avec une autruche et un dinosaure, hum… pas pour moi merci. Et le dinosaure chante. Beurk ! Mais pour les durs de la feuille et les métalleux, vous y trouverez très certainement de jolies mélodies.
  • Je retrouve la funkitude d’Amadou et Mariam. Si je ne suis pas très fan des albums, j’aime beaucoup l’énergie sur scène de ce groupe. Et puis, il y a aussi l’engagement politique du groupe, le rythme, la joie de vivre et la guitare d’Amadou qui donne le ton très afrobeat. Amadou est un excellent guitariste et j’ai encore été soufflé par le son autant blues que rock de sa guitare. Et la petite cerise en la personne de Bertrand Cantat. Celui-là, je l’avais vu aux belles heures de Noir Désir au début de ce siècle. Arriva le drame. On ne sait jamais trop comment réagir à la réapparition médiatique. Ce jour-là, Bertrand Cantat était heureux d’être sur scène, il était joyeux, rieur, blagueur. Tour à tour chanteur et choriste sur plusieurs morceaux, danseur, guitariste et multi-instrumentiste (harmonica, maracas etc.), il a emporté l’adhésion de tout le monde, sans la moindre ombre (certainement une bonne part de fans de Noir Désir dans la foule, ne nous voilons pas la face). Mais le mélange prend bien entre le rocker et le groupe africain. Et puis, Amadou et Mariam ont choisi de lui faire terminer le set. A alors retenti le riff de Whole Lotta Love de Led Zeppelin sur la steel guitare d’Amadou et là, j’ai retrouvé un de ces moments de grâce à la Noir Désir. Bertrand Cantat a retrouvé la rage, le rock aux lèvres, l’énergie brute. Un très grand moment.
  • Je zappe nos chers Dionysos (pardon Anthony!) : déjà vus sur la même grande scène en 2003. Je sais qu’ils n’ont pas changé (et c’est à la fois bien et à la fois… chiant). Mais tout le monde n’est pas comme moi et le public est nombreux à pogoter et s’ébrouer.
  • Je peste quand mes copines me proposent d’aller voir The Kooks. Pour moi, The Kooks, c’est de la pop mielleuse, trop facile, musique de pub anglais naze voire de stade. Bref, je râle. Et puis, je ferme ma gueule quand le set commence. Parce qu’ils attaquent leur set avec des morceaux pimpés post-punk, très rock et même ska par certains moments. Et pendant que je ravale mes apriori (pas pour très longtemps malheureusement….), je secoue la tête et les bras et je découvre une autre source de satisfaction, cette fois-ci visuelle. Attention les filles (et aussi les gays, si vous atterrissez ici welcome and stay), le bassiste Peter Denton est super cute. Appelez-moi midinette, j’assume totalement. Pour ceux que ça intéresse, c’est le 3ème bassiste depuis la création du groupe. Bon, les infos musicologistes évacuées, je vous encourage grandement à aller vous rincer l’oeil sur le pépère. Parce qu’il vaut le coup à mon humble avis. Fouyayaaaa… Bref, entre 2 « oh yeah », « clap clap » etc., je ne boude pas mon plaisir. Et là, mes copines ont beau me tirer par la manche à coup de « c’est chiant, ça me saoûle, on va à la buvette ? ». Pas moyen. Enfin…ça, c’est la première partie du set, parce que la seconde partie, ça repart pour de la pop bien cheesy, bien dégoulinante façon camembert qui a pris un coup de soleil sur une plage arrière de voiture sous 30°. Tous les foutus tubes des Kooks y passent : « Oooh la« , « Naive« , « Do You Wanna » etc. Ces morceaux, je n’ai pas dû les entendre plus de 2 fois à la radio et malgré tout, je les connaissais presque par coeur, trop faciles. Et je les trouve très chiants, alors j’avais le choix ; répondre enfin à la demande insistante de mes copines aux verres à moitié vide ou rester avec mon verre à moitié plein, à savoir le mignonnet Peter Denton. Graaaaa… Devinez ce que j’ai fait ?
  • J’ai bondi dans la nuit tel un animal sauvage (après mes cris primaires face à un bassiste anglais, ça peut se comprendre, non ?) sur :

– le set electro-rap de C2C (DJ issus en partie d’Hocus Pocus que je retrouve ce soir en première partie de Metronomy aux Nuits de Fourvière, oh yeah !)

– le set métallo-rock de Shaka Ponk (nom de Dieu, on dit que Gorillaz leur aurait tout piqué ; une histoire de sombre primate recalé à un casting de chant…). Pas fan de l’esthétique mais l’énergie, il faut bien le reconnaître est là.

– le set electro-coldwave de Factory Floor : c’est froid mais c’est bon. Et puis, y’a pas à dire 2 batteries sur scène, c’est TOUJOURS bon signe (Arcade Fire notamment)

Et parce qu’il faut être transparent, je rate ce jour-là Hanni El Khatib (grrrr, merci les copains et l’apéro qui se prolonge alors même que le festival commence…), Christine et Los Disidentes Del Sucio Motel.

SAMEDI, je joue la confirmation et combats (presque) la météo par la musique :

  • Je maintiens mon intérêt pour Django Django et son electro-pop-psyché
  • Je savoure un moment d’intimité avec François and The Atlas Mountains pour un mini-set accoustique pour Couleur 3 (excellente radio suisse partenaire du festival) : spéciale dédicace à Anthony !
  • Je gigote tranquillou sur Electric Guest avec leur pop tubesque très fraîche.

Mais déjà les nuages s’annoncent au loin. Les rumeurs apocalyptiques rabâchées toute la matinée (autant par les festivaliers que par les locaux croisés en ville ou près du site) se font insistantes : « Viens, on rentre au camping prendre les kway ». Je décline, la soirée sur la scène de la plage sobrement intitulée « La Plage à Pedro » (dans Pedro Winter, producteur et big boss d’Ed Banger Records) s’apprête à commencer. Au programme : Kavinsky, Kindness, Busy P (aka Pedro justement, son nom de DJ), Sebastian et Skream & Benga.

  • Je lance la machine à mouliner les jambes avec le set de Kavinsky. « Testarossa Autodrive », « Wayfarer », il alterne ses tubes avec de l’electro tatapoum, tout le monde est en transe à l’idée que le prochain morceau sonne « Nightcall ».

Le vent s’est levé, le sable vole dans les chaussures et les yeux, le ciel est noir. Et là, c’est le drame. Aux premières notes de « Nightcall », on n’a à peine le temps de hurler notre plaisir que tout s’arrête. Plus de son, plus de lumière. Kavinsky se range sur le côté de la scène. L’entertaineuse qui avait ouvert le show de Kavinsky s’avance et annonce que le temps ne permet plus de jouer. Que la scène est fermée jusqu’à rétablissement de conditions météorologiques décentes. En gros, quoi, parce que ce n’est pas la fille de Gillot-Pétré non plus.

Et là, c’est l’immense déception. Mais on n’a pas le temps de pleurer. La pluie, le vent, plus les secondes passent, plus le temps prend une tournure violente. Et c’est là que l’esprit festivalier se déploie avec ingéniosité. Chacun cherche à se protéger et tous les moyens sont bons. Sous les arbres (malgré l’orage…), sous les échafaudages des bars, sous les stands des commerçants et partenaires, sous les tables, dans les toilettes (j’ai d’ailleurs passé un délicieux moment avec des jeunes filles aux toilettes à gloser sur des sujets aussi glamour que l’envie de pisser quand il pleut, l’odeur de moisi quand on est trempés, etc.). Tout est bon pour se couvrir : parapluies, manteaux, bannières publicitaires et même poubelles de tri ! Merci pour les bénévoles qui assuraient le nettoyage du site le lendemain….

Les concerts s’arrêtent. Tout le monde est suspendu à son portable dans l’attente d’une annonce via sms des Eurocks (un fil très réactif d’ailleurs tout le long du festival) ou d’un pote en haut lieu (technicien, bénévole, organisateur) de la reprise des concerts. Parce qu’on sait qu’un concert arrêté ne reprendra certainement pas. Et la soirée de samedi se retrouve très largement amputée. La Plage à Pedro ne rouvrira pas ce soir. Dommage. Miike Snow commence son set pour s’arrêter après à peine 5 morceaux, pour cause de reprise du mauvais temps. Exit donc le trio popeux. suédois Entre 2 éclairs, on en profite pour aller recharger les batteries aux bars et stands de bouffe. Et puis l’accalmie. Et la reprise du festival avec les 2 têtes d’affiche (The Cure et Justice) qui joueront à l’heure et le temps qui leur est imparti.

  • Je retrouve quelques bribes d’adolescence avec The Cure. Et un vrai plaisir d’entendre des morceaux déterrés des premiers albums ou moins joués (The Walk, Pictures of You), une sorte de jukebox curiste (voir ici la setlist bestof du concert de 2h30 donné par le groupe)
  • Je finis ma soirée sur une découverte explosive, MA découverte du festival : Die Antwoord. Un trio d’Afrique du Sud au son rap-rave. 2 performers au flow incroyable même s’il est impossible de comprendre les paroles (entre l’accent afrikaner et l’argot, on est servis): YoLandi, une mini nana (moins d’1,60m) à la voix cartoon entre Betty Boop et Minnie et Ninja aux accents Eminem. 1 DJ Hi-Tek avec un son qui bastonne. Show minimal ; Yolandi et Ninja qui s’agitent partout et DJ Hi-Tek surplombant la scène. L’ambiance est bouillonnante. Si vous voulez en savoir plus sur ce groupe, son esthétique autant politique qu’artistique, allez lire l’excellent article de Fluctuat.

Attention, max vulgos max beauf style mais max bon son. Wesh. Et + 3000 pour le short smiley so bitchy de YoLandi.

Die Antwoord m’achève, Justice ne me ramènera pas à la grande scène. Je sais, c’est mal mais je suis rincée. Dans tous les sens du terme. Je finis la soirée à écouter de loin Wiz Khalifa administrer un conte rappé pour nous endormir. Enfin, il nous excite plus les tympans et le corps qu’un verre de lait et Boucle d’or…

Et parce qu’il faut être transparent, je rate ce jour-là François & The Atlas Mountains (la version festival), Thee Oh Sees et Jesus Christ Fashion Barbe.

DIMANCHE, je redeviens vieille (un peu comme Cendrillon). Je plie bagage avec regrets, beaucoup. Mais à l’heure où je m’en vais, je ne suis pas la seule et des rumeurs d’annulation de concerts sur les petites scènes (toujours La Plage et le Club Loggia) me confirment que je fais le (presque) bon choix. Et comme la plupart des concerts que je veux voir se trouvent être programmés sur la Plage…

Au final, j’apprendrais plus tard/trop tard que tous les concerts sont bien maintenus. Damned.

Et parce qu’il faut être transparent, je rate donc ce jour-là (attention le line up est presque aussi long que la setlist de The Cure la veille) : The Brian Jonestown Massacre, Poliça, Carbon Airways, Cypress Hill, Orelsan, Lana Del Rey, Alabama Shakes, Jack White et Chineses Man. ça fait mal. Très mal.

Maintenant que vous êtes bien endormis par ce compte-rendu trop long, voilà les quelques photos (et vous apprécierez la qualité pourrie, ambiance festival quoi)

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Voilà pour les concerts. Pour le reste (ambiance, camping, partenariats, environnement vert), je vous en reparle dans un prochain article.

Des bises

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15 réflexions sur “Eurockéennes 2012 – ma cuvée

    • Ah ah ! Et pas encore assez ! Les festivals, ça a un côté un peu boulimique mais c’est un peu Noël 🙂 Et encore il y a tellement d’autres trucs à faire sur un festival mais ça, j’en reparlerai très vite.

      Et toi, festival or not ?

    • Ah ouiii, l’affiche du Main Square avait aussi de jolies perles. Clémentine-une fille à Lyon y était aussi. Tu nous fais un petit compte-rendu toi aussi ?
      Quant à la météo belfortaine, c’est un peu toujours le même problème, avec plus ou moins d’intensité 😉

      Et oui, Die Antwoord ça klaxonne !

    • Aaaah, ne remue pas le couteau ! Déjà loupé à l’Epicerie Moderne, en plus hier soir avec Kasabian. Grrrr…. Et si au moins, il était piedbot avec un gros nez… Mais non ! Il faut EN PLUS qu’il soit joli comme un coeur. Re-grrrrrrrrr

  1. C’est vrai que ça mùe démange parfois les festivals, mais je suis peut-être effectivement un peu vieux pour ce genre de trucs…
    Merci pour les dédicaces en tout cas 🙂
    Mais tu as oublié que Electric Guest, « j’en ai parlé sur mon blog » 😀

    • Hello Fuwax et bienvenue ici.

      Dio mio, ne me parle pas de ces BJM !
      Mon monsieur qui n’écoute quasi que ça m’a fait la guerre en apprenant la nouvelle.
      Sauf que moi, je subis déjà la disco complète de BJM donc merci bien la pluie le dimanche 😉

      Chacun ses tragédies quoi !
      Et toi, tu y étais à Belfort ?

      • Tu parles, le dimanche la pluie c’était rien comparé au samedi lol. Ouais j’y étais sous la chaleur crevante du samedi, et dans les marécages le dimanche, j’ai surkiffé. A Refused, je sais pas si tu les a vus, certains balançaient de la boue sur le chanteur et les autres membres du groupe, tout ça dans les pogos avec la boue qui giclait aux alentours ahahah. Et Jack White, juste magique

        • Raaah, non moi je suis partie dimanche aprèm, j’étais mouillée jusqu’aux eaux. Quand je vois les images du dimanche, je me dis que j’aurais dû passer outre les fringues et les pieds mouillés mais vraiment, pas la force… Et j’ai raté Jack White 😦

  2. Pingback: L’équation du dimanche #17 « Une fille à dilemmes

  3. Pingback: HoG Hog – le festival into the wild | Une fille à dilemmes

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