Code postal ne me colle pas à la peau

Je vais vous avouer un truc dingue. Un peu chelou, un peu original, un peu rebelle aussi : je ne suis pas Lyonnaise. Pas de naissance, même pas d’adoption. Merde, vous allez me détester là. De cœur ? Ah oui. Mais en vrai, je suis une banlieusarde. Always be, always will !

http://www.gueuledhexagone.fr/jacques-windenberger

Je ne m’excuse pas quand on me demande où j’habite. Je ne baisse pas le volume de ma voix, je ne tords pas la bouche de dégoût quand je prononce le nom de la ville.

La banlieue, j’y suis née. J’y ai vécu mon enfance, mon adolescence, je l’ai quitté (pour la province, arff… et pour Paris), j’y suis revenue, j’en suis repartie, j’y suis revenue (en banlieue de province, double arff…).


Je dis ça, j’en rigole, mais au fond, je m’en fous. Pas parce que j’ai aussi vécu dans la grande ville française, oui, la capitale là, avé sa Tour Eiffel et tout. Mais plutôt parce que je ne crois pas qu’on puisse se définir aujourd’hui par rapport à un lieu de vie. Pas uniquement. Oui, même au milieu du 11ème le plus bobo, on peut être le ringard de service, le moins au fait de la hype du moment, le moins ceci, le plus cela. Alors merci à Internet et la globalisation pour avoir sauvé des milliers de gens enterrés à la campagne. Les skyblogs, ça a pas mal élargi l’horizon des minettes de banlieue, mine de rien. 

 

Adolescente, autour de moi, le rêve c’était Paris. Paris à tout prix. Un peu comme les filles dans « Tout ce qui brille ». Mes copines avaient cette envie d’ailleurs. Aujourd’hui, avec « l’Internet », tu peux être à l’autre bout du Pôle Nord, tu as toujours accès à fb, twitter etc. et même, si la Poste est performante dans cette partie isolée du globe, aux sites de VPC ! La révolution. Le monde moderne. La classe, quoi.

De mon côté, Paris, c’était pour des grandes occasions, assez nombreuses au final mais pas au point d’en perdre son charme : les soldes aux Grands Magasins et à Montparnasse avec un stop chez Burger King, les décorations des vitrines de Noël sur les Grands Boulevards mais aussi sur les Champs Elysées, les concerts avec ma soeur (Casino de Paris, Zénith, Bercy, on a fait les grandes), les puces, la Tour Eiffel et le Paris Tour aux amis de province et quelques autres évènements tout aussi spéciaux (familiaux). Et puis, revenue à l’âge adulte sur Paris, j’avais toujours la larmichette à l’oeil en passant la Seine sur la ligne 6 aérienne, et attrapant du regard la Tour Eiffel. J’ai vécu dans un appart donnant sur la Tour et alors, c’était comme si elle n’appartenait qu’à moi. Et pourtant, cet appart était en banlieue, zone 2. Et pourtant, avec ce phare en face de moi, je me sentais dans l’entre-deux. Et ça m’allait très bien. [Je ne parlerai pas ici de la qualité de vie à Paris, ce n’est pas le propos.]

Et aujourd’hui, je vis en « région ». Merci France 3, merci Jean-Pierre Pernaut. Putain, je ne pensais pas citer ce bon vieux réac un jour ici…

Et donc, j’aime bien ma petite ville de banlieue, j’aime aussi beaucoup sa voisine. J’aime bien quand mes copines voisines me charrient. Elles se font plaisir et moi, j’ai l’impression que je ne vis pas pour rien 🙂
Et j’aime toujours autant mes copines de la grande ville qui viennent respirer dans ma région. Avec qui je me la pète « Villeurbanne ? Le 10ème de Lyon, voyons ! Mais on a su gardé notre indépendance, tu sais…».

Alors, d’accord, je n’habite pas une ville de banlieue pourrie. Là où on ne trouve plus ni commerces ni services public mais uniquement béton, graffs et emmerdes.Je ne nie pas les difficultés de vie, d’accès à tout un tas de choses; commerces, services administratifs, écoles, équipements sportifs et culturels, services de transports etc.

J’ai donc bon dos de me la péter avec ma petite ville de banlieue tranquillounette. Je sais. Je voulais juste dire ici que, tout comme la France ne se résume pas à Paris, Lyon (ou une région), ne se résume pas à la grande ville/préfecture. Quand même, c’est bien aussi de dire parfois qu’il y a une vie après le périph’, non ?

Renaud Chodkowski

Bon, sinon, arrêtons les conneries mais dans ma ville, j’ai 2-3 lieux sympas, façon « comme à Lyon » : Toï Toï Le Zinc (un café-concert sympa avec open bar à crêpes le mardi et BBQ le weekend), un Ninkasi, un Monoprix, une librairie BD Expérience, des bio-shops, un TNP refait à neuf, un supermarché italien « Coficash » du tonnerre, un cinéma indépendant avec une vraie programmation et une façade ultra 20’s, une salle de concerts que Lyon nous envie, une équipe de basket plaquée or, un centre-ville trop Hollywoodien « Les Gratte-ciel », un super marché 3 jours par semaine « avec des petits producteurs locaux, je te raconte pas ». Et sinon, la vie de quartier (à ce propos, si vous ne connaissez pas le festival Les Invites de Villeurbanne, allez lire cet article).

Renaud – Dans mon HLM

Ceci est une ode à Villeurbanne et j’approuve ce message.

Et vous, un coming out banlieusard à déclarer ? Une déclaration d’amour à faire à votre maire ? Ou tout simplement un avis sur cette question ?

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8 réflexions sur “Code postal ne me colle pas à la peau

  1. C’est drôle moi qui n’habitait pas dans Lille mais dans un ville voisine, je n’ai jamais ressenti cette opposition entre la grande ville et ma ville de « banlieue », il faut dire qu’à Lille le terme d’agglomération prends tout son sens : des axes routiers et un réseau de transports en commun qui nous mettait à 10min du centre ville dans tous les cas, ça doit jouer peut-être.

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