Mon psy s’appelle AMC-HBO-NBC

Bénie soit la télévision !

Il fut une époque où nous regardions la télévision pour nous divertir. Suivie d’une époque où nous regardions la télévision pour nous informer. Suivit d’une nouvelle époque où nous regardions la télévision pour nous interroger, réfléchir quoi.

Aujourd’hui, je regarde la télévision, enfin les séries (j’ai jeté ma télé) et j’y trouve largement mes comptes en tant que spectatrice.

Je sais, ça peut paraître con mais c’est comme ça. Mes amies, mon mec, ma famille ne savent pas tout. J’ai des interrogations honteuses. Des questions qui me taraudent, des idées qui m’oppressent, des envies qui me réveillent la nuit.

Bref, j’ai trouvé dans ces fictions des réponses, des alternatives, des inspirations.

Je ne me suis pas appuyée dessus mais j’ai glané au fil des épisodes, des dialogues, des situations, de quoi nourrir ma réflexion sur ma propre vie follement passionnante (si si).

  • Je ne suis pas Carrie de Sex in the City (pas assez friquée, pas assez folle de chaussures, pas assez superficielle : oui, shocking mais au final, je les trouve assez superficielles, elle et ses copines).
  • Je ne suis pas Ted de How I met your mother (pas assez romantique) ou Robin (pas aussi indépendante).
  • Je ne suis pas Erica de Being Erica, pourtant le personnage qui me ressemble le plus.

 

J’ai cru revivre des situations personnelles. J’ai pris des notes pour parer moi aussi à des « rencontre avec l’ex/rencontre avec l’actuelle de l’ex », à des « meeting-humiliations devant l’équipe », à des « Maman, je t’aime mais tu dis n’importe quoi là ». J’avais la matière mais je n’avais pas la possibilité de me tenter « pour de faux ». Les séries me donnent une séance d’essai. Et pour 10 engueulades, 1 offerte !

Celle qui a le plus pesé, compté, c’est bien « Being Erica« .

Being-Erica-serie

 

Cette Canadienne qu’on découvre au premier épisode comme une ratée finie : célibataire de 30 ans, plantée lors d’un rencard (un rencard n°1 en plus), dans un job nul et peu reluisant, regardée comme un animal de zoo par sa famille.

Elle fait alors la connaissance d’un thérapeute d’un genre un peu particulier. Déjà, Dr Tom a un bouc. Et en 2008, un mec avec un bouc, ce n’est pas particulièrement fiable. Ensuite, il va lui proposer de reprendre sa vie en main, pas en s’allongeant sur un canapé mou mais en reprenant les choses là où elles ont merdé. On apprend toujours de ses erreurs, soit. Mais, et si on n’avait plus à les faire ces erreurs ? Et si, on faisait les choses en ayant déjà vécu l’erreur intérieurement, dans un autre vie ? En ayant le vécu du danger à choisir la piste A au lieu de la piste B (attention, je n’ai rien contre les « A », ils sont en tout point égaux aux « B », « C » ou « D »), brrref, en vivant ces moments précis et en les revivant avec son soi présent ? Je crois que les 2 derniers lecteurs ont claqué la porte… Tant pis.

 

Erica-32 ans va se retrouver dans la peau de ses 16 ans/10 ans/22 ans/18 ans avec son vécu de 2008. Fatalement, le cours de l’histoire s’en retrouve lui aussi changé. Elle apprend en défaisant. Elle s’auto-analyse à rebours. Evidemment, ça n’est pas si simple. Sinon, vous pensez bien qu’en 2 claquements de doigts « hop, je nais fille de Caroline de Monaco et voilà, fini les problèmes ! ». La pauvre Caroline…

C’est super bien écrit, les personnages sont forts, complexes et se construisent dans la durée. C’en est même joussif de les voir grandir. Eux-même évoluent aux côtés d’Erica, à mesure qu’elle réécrit sa propre histoire. Ça brasse beaucoup de choses, pas uniquement le célibat à 30 ans et les jobs précaires. Les relations familiales – être/trouver sa place -, la maternité, les relations amicales – l’investissement et les attentes -, le couple, le sexe, la place de la femme, le travail etc. Du PLN à la sauce série pas con.

J’ai cru longtemps qu’Erica, c’était moi. La rousseur et la judéité en moins. Ses incertitudes, sa culpabilité constante, ses complexes, ses peurs, sa naïveté, ses amitiés, ses amours. TOUT me parlait.

La série a pris fin à Noël à la 4ème saison. La production avait décidé dès la 2ème saison que la vie d’Erica n’irait pas au-delà de 4 saisons. Et c’était cohérent.

Bon, depuis, j’ai repris le cours de ma vie. Et je cherche un nouveau psy.

Désolée pour ce billet un peu introspectivo-chiant. Mais vous devez savoir, mes petits amis lecteurs, que je ne suis qu’humaine. Au delà de toute ma prestance, de mon incroyable goût et de ma verve, je suis comme vous ! Et je vous embrasse sur ces belles paroles.

Et vous, il y a une/des série(s) qui vous fait/font de l’effet ?

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10 réflexions sur “Mon psy s’appelle AMC-HBO-NBC

  1. ben il y a bien vampire diaries (j’ai décidé de tout assumer), mais il ne s’agit pas là d’un effet psychologiquement enrichissant…
    Punaise les deux frères je me les ferai bien au goûter moi!!!lol
    et là je sent d’ici ta consternation!
    Je n’ai pour ma part pas jeté ma télé mais je suis comme toi, je prends beaucoup de choses des séries outre le moment détente. En revanche je ne connais pas la série dont tu parles (mais elle me fait penser au film 30ans si non rien!)
    Bon week end ma belle
    Poutoux

    • Allez, on assume Clochette ! Moi, je n’ai jamais accroché avec les vampires mais bon, chacun son trip. Et tout est permis: je transpose mon attirance psy sur le Dr Tom, tu fantasmes sur des mecs aux dents longues.
      Pas vu 30 ans sinon rien, pas fan de Jennifer Garner mais je le note dans ma liste des films à voir avec la grippe !

  2. Aaaaaaah ! Cool, je ne suis pas la seule série-addict !
    Je crois que quand j’ai découvert 6 feet under il y a pas mal d’années maintenant, ça m’a fait cet effet ! Je me reconnaissais dans les interrogations des personnages – sauf pour les questions de thanatopracteur, je ne restaure que rarement des corps défunts.
    Aujourd’hui, les séries qui me donnent la patate ? Bored to death : je suis une inconditionnelle de cette série, je ris non stop, tous les personnages sont géniaux et bizarres ; Mad men : ❤ ; il y a aussi Downton abbey et HIMYM 🙂
    Et puisqu'on parle de psy, In treatment m'avait beaucoup plu !

    • M’enfin, évidemment maîtresse lapin ! J’ai une liste longue comme le bras des séries que j’aime et/ou je suis mais j’avais surtout envie de parler de ce qu’elles « m’apportaient ». La qualité d’écriture et de mise en scène a vachement évolué depuis 15 ans et on se retrouve devant des objets hyper forts.

      Six feet under, je n’arrive pas à accrocher (comme Les Sopranos), le rythme est très lent et je ne suis pas parvenue à m’attacher à un seul des personnages. Et pourtant, je vois bien l’influence que cette série a pu avoir sur les suivantes.

      Bored to Death, je pouce à mort !! Je suis folle de Jason Schwarzmann et Zach Galifiakis. J’ai pas mal de copains qui ne comprennent pas cette série. Et pourtant….

      Thérapeutiquement parlant, In treatment, je n’ai pas encore commencé mais j’ai essayé Michael Tuesdays and Thursdays. Pas mal du tout !

  3. moi c’est sex and the city qui m’a marqué, à l’époque j’habitais à Paris, j’étais seule, je me matais le dvd tous les soirs, plusieurs épisodes j’avais l’impression que c’était mes copines quoi!!

    • Merci Lerizia et bienvenue ! J’ai vraiment aimé voir et revoir cette série, bien que sur la fin j’ai commencé à ne plus les voir en peinture ces New Yorkaises, et dans les 2 films, c’était crescendo ! Mais pour autant, je ne renie pas cette série 🙂

  4. J’aime bien Being Erica , la série est bien faite et j’adore ce personnage 🙂

    les séries et moi ,c’est une grande histoire d’amour et plusieurs me font cet effet :
    il y a eu Dawson à l’adolescence , les questions sur la sexualité , les 1ers émois je ne les posais pas à mes parents, je regardais Dawson et j’avais (une partie) des réponses

    Ma découverte de la fac , je l’ai fait simultanément avec la série Greek ( j’ai tellement pleurée à la fin ^^’) , en France nous n’avons pas les fraternités , mais ça faisait rêver et je me retrouvais dans leurs histoires , leurs soirées étudiantes , leurs incertitudes sur l’avenir .

    Actuellement la série qui me fait le plus cet effet ,c’est Glee . Les épreuves traversés par les personnages ,je les ai aussi connues .Regarder un épisode ,c’est comme un effet miroir .Assez étrange mais c’est une bonne thérapie .

    Si je devais choisir un personnage de série qui me correspond le plus , je dirais Brooke Davies dans les Frères Scott , je partage ses doutes ,aspirations ;déceptions et j’aime voir la façon dont elle réagit .

    • Greek, je suis passée à côté, découvert très tard. ça avait l’air pas mal. Et sinon, les frères Scott, je ne connais pas du tout du tout !

      Bon, je te laisse Dawson parce que pareil, pas la cible quand c’est sorti (ouais, j’ai facilement 40 ans, je t’avais pas dit ?) mais surtout que je trouvais beaucoup trop bavard et pas assez fun.
      Moi, les séries ado que j’ai a-do-ré, c’était Degrassi Junior High, un peu Berverly Hills et surtout Hartley coeurs à vif. Celle-là, même étudiante, je ne la loupais pas !

      Et sinon, Glee, je reconnais, c’est fun ! J’adore leur travail sur les reprises et les mash-ups, hyper bien foutus. Et puis, c’est drôle, un peu corrosif aussi pour de la série ado.

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